Cédille

Sens dessous dessus
super-héros né
Je suis un çalecon
taché d’amour-propre



Une plume s’envole

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J’ai appris hier le décès de Dominique Guérin, que je fréquentais sur le forum Mda depuis plusieurs années sous le pseudo de Djin, et qui m’avait rendu visite sur ce blog pour y poster son commentaire bienveillant sur un de mes textes. Elle avait une belle plume, n’était jamais avare de conseils. De ces amis virtuels qu’on se fait et qu’on aimerait rencontrer « in real life ». Elle est allée à la soirée de remise des prix de Calipso, malgré sa maladie. Je n’ai pu m’y rendre, et elle a eu la gentillesse de dédicacer le texte dont elle est l’auteure, qui paraissait dans le recueil des lauréats du concours.

Tchao, Djin, maintenant, t’écris avec les anges. Y a de plus en plus de belles plumes là-haut Une plume s'envole dans 5 - la bibliothèque du Vieufou sadness_80_anim_gif-4c74bbc .

Condoléances à ta famille.



Juré du Prix International de la nouvelle humoristique

Elodie Torrente, organisatrice du Prix et auteur du récent Sur la béquille, nouvelle érotique se déroulant dans le monde du cyclisme, m’a demandé de faire partie du jury de présélection des textes du Prix International de la nouvelle humoristique en langue française organisé par l’association Libres Plumes.
J’ai accepté avec joie ! Je n’avais plus été juré depuis un festival jeune théâtre en 93 ou 94, pendant lequel j’avais vu une trentaine de pièces en deux jours.

Là, il va me falloir lire une bonne centaine de nouvelles… je suis ravi ! Bon, les évaluer, aussi…

La limite pour l’envoi des textes c’est ce soir minuit.

Après viendra pour moi la lecture et pour vous, si vous y avez participé, les heures d’attente et d’angoisse.

Avant le verdict final, annoncé par le président du jury de cette année, l’écrivain Jean-Louis Fournier, prix Femina 2008 pour Où on va, papa ?, et créateur, entre autres, de la Noiraude et d’Antivol, l’oiseau qui avait le vertige. Par ailleurs, il a été le complice de Desproges en réalisant les épisodes de La Minute nécessaire de monsieur Cyclopède, ainsi que les captations de ses spectacles en 1984 et 86.

https://djbeltounes.files.wordpress.com/2011/03/fournier1.jpg

Bien sûr tout ceci est anonyme.
Je reconnaîtrai peut-être dans tous les textes qui me seront soumis le style d’une ou deux plumes connues.
Mais pas la peine de vous signaler à moi, je suis incorruptible !

Rappel du règlement :

œuvres d’imagination inédites, en prose (nouvelles), écrites en langue française par des auteurs âgés de 16 à 99 ans.

Le thème 2016

  »Dans la vie, il y a deux périodes : la première on attend les catastrophes, la seconde, elles arrivent. »

in Mon dernier cheveu noir : Avec quelques conseils aux anciens jeunes

de Jean-Louis Fournier (éd. Anne Carrière, 2007).

Outre le thème, le texte devra être humoristique en plus de respecter le genre littéraire de la nouvelle :

« La nouvelle est un récit court, écrit en prose. Cependant, plus que sa longueur, c’est bien davantage la concision et l’efficacité de son écriture qui la caractérisent. En règle générale, les personnages d’une nouvelle sont peu nombreux et brièvement décrits. Son action est assez simple mais construite de façon à ménager un effet de surprise au dénouement : c’est ce que l’on appelle la chute. »


 



Retour d’âmes

Perché à la cime du plus haut sequoia de l’étique forêt, une main en visière devant les yeux, l’indien à la peau tannée comme du cuir évaluait, à l’aune de ses propres battements de cœur, le temps séparant l’apparition des énormes champignons de feu du bruit de leur éclosion. Une expression de soulagement tendit soudain le large plateau divisant en deux parties son visage raviné par les rigueurs saisonnières.

Délaissant le terrible mais captivant spectacle qui s’offrait à lui, l’homme redescendit de l’arbre avec assurance et annonça à la tribu qui attendait sous ses branches, anxieuse, depuis qu’avait retenti au loin le premier coup de tambour de ce qu’ils avaient d’abord pris pour une manifestation de la colère céleste :

      – On devrait être tranquille pour un moment… la forêt aura repoussé avant qu’ils reviennent.

Les déflagrations cessèrent enfin.

Ce soir-là, pendant que les femmes kayapos, nues comme au matin de leur naissance, tressaient des pagnes de raphia d’un geste séculaire en chantant la liberté retrouvée ou s’ornaient corps et visages de motifs colorés, les hommes et les enfants, nus également, dansaient en riant autour du grand feu dressé dans la clairière au centre du village, dans lequel chacun avait jeté les vêtements « civilisés » et autres colifichets de plastique offerts par l’homme blanc en échange de son âme et de toujours plus de son territoire.
Un orage s’abattit. Toute la nuit, lumineux, éphémères et tonitruants, des éclairs claquèrent aux abords de la forêt. Au petit matin, ne restaient des armes de déforestation des blancs que des carcasses tordues léchées par des langues de feu qu’une épaisse pluie finit par éteindre. L’orage avait épargné la forêt et ses hôtes, bien à l’abri sous des auvents de feuilles d’ungurahua tressées.

Sur la piste boueuse du chantier désert recouvert de sciure agglutinée et parsemé de souches, un dernier flash aveuglant déchira l’obscurité, frappant le bras d’une pelleteuse, déjà à l’agonie, qui s’affaissa dans un bruit sourd.

Il y eut un matin.

Un ultime nuage déformé, aux faux airs de champignon, s’étira paresseusement au-dessus de la canopée, mouton de brume paissant loin à la verticale des dormeurs, dont l’âme, enfin apaisée, avait réintégré le corps.

Il ne fit que passer, pour aller se perdre à l’horizon, au-dessus des grandes cités en flammes.

Des frondaisons s’éleva un chant d’oiseau, puis un autre.

En lisière de la friche, une vrille se déroula, puis une autre.

Spores et pollens jaillirent, emportés au loin par une brise légère.

La forêt elle aussi avait retrouvé son âme.

Déjà, des rameaux bourgeonnaient sur les souches du passé.

Sur sa natte, un premier petit indien s’étira, bâilla dans un soupir, ouvrit un œil et se mit à chatouiller son frère encore endormi.

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Lueurs matinales (2)

La parole
se meurt.
Demain,
seuls
des borborygmes
sourdront
de nos lèvres écumantes

***

Derrière son écran
l’homo connectus
retourne
aux pictogrammes.

Devant sa paroi,
Lascaux
rêvait-il
d’Internité ?

 



Les derniers mots du vieux roi Théoden

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Un monde parfait

Il grimpa sur un tabouret pour prendre de la hauteur, afin de mieux pouvoir contempler ce nouveau monde, ce monde qu’il avait créé. Un monde purifié, débarrassé de tout conflit.

Un monde parfait.

Débarrassé des problèmes d’immigration, de l’idée même du racisme. Plus d’ethnies, de minorités. Plus de religion. Plus de prêtres, d’imams, de rabbins, plus de fidèles ni de fanatiques. Plus de pauvres, ni de riches. Plus de travail, de chômage. Plus d’inégalités, de différences, de préférences. Plus de gauchistes ni de fachos. Plus de pédés frustrés ni d’hétéros coincés. Plus de bouffeurs de tofu ni de carnivores téléphages. Plus de flics, plus d’armée. Plus de veuves ni d’orphelins. Plus de handicapés, de défavorisés. Plus de…

Plus aucun de ces mots n’avait désormais de sens. Plus aucun de ces gens… il avait éliminé tous ceux dont les gênes étaient imparfaits. Aussi ses opposants, tous ceux qui lui faisaient barrage. Puis ses alliés, parce qu’il fallait se méfier…

Un monde parfait.

Il avait également débarrassé le monde de la peur du nucléaire.

D’une simple pression sur un bouton.

Rouge.

Après un dernier regard à l’univers en feu, il ajusta la corde et, serrant les dents, donna un coup de talon dans le tabouret, qui se renversa dans un fracas sourd qu’il n’entendit même pas. Son corps se mit à se balancer doucement dans l’air brûlant.
Le Président n’avait jamais supporté la solitude.



cyclisme-dopage.com

Le très sérieux site cyclisme-dopage.com a lu et chroniqué, (et, me semble-t-il, apprécié) sous la plume de Stéphane Huby, ma nouvelle (quelque peu farfelue, mais pas tant que ça…) intitulée Jeux de dopes, parue l’an dernier chez Zonaires éditions, dans la collection Lapidaires.

cyclisme-dopage.com dans 1-4 Jeux de dopes couv_j10

Je les remercie de tout cœur cette nouvelle fenêtre sur mes écrits, qui m’apportera peut-être des lecteurs parmi les visiteurs du site (parce que je sens que vendre mon bouquin lors des étapes du Tour de cet été – et des suivants – risque d’être un peu compliqué et de ne pas faire que des heureux parmi les fans de la Grande boucle).

Retrouvez leur sympathique chronique ICI.

Encore un grand merci à eux, et vive le sprogue.



Le nouvelliste de la semaine, c’est qui ?

C’est moi !

J’ai eu le plaisir le mois dernier de répondre à quelques questions d’Erik Vaucey pour son blog, Nouvelles d’Erik Vaucey et autres gourmandises littéraires, dans sa rubrique  Le nouvelliste de la semaine.

Ceci pour rassurer (ou pas) mes lecteurs (ou trices) sur l’homme qui se cache derrière ses mots.

J’y rejoins avec une certaine fierté un grand nombre d’écrivains de talent, amateurs de nouvelles, qui se sont déjà prêtés à ce petit jeu auparavant.

Merci Erik pour cette fenêtre ouverte sur mes écrits.

http://vaucey.canalblog.com/archives/2016/05/30/33633585.html

 



Eclosion – teaser – remerciements

C’est aujourd’hui 4 juin, après plusieurs années d’incubation, qu’éclot, aux éditions Lune écarlate, Infemmes et sangsuelles, mon premier recueil de nouvelles.

Couv IS

Vous avez été vingt à le pré-commander sur le site ou auprès de moi et je vous en remercie chaleureusement :  Adam, Micheline, Emma, Danielle, Ptitlu, Julien, Pascale, Hervé, Colette, Arnaud, Céline, Sam, Aude, Chantal, Anne, Yo, Karo, Anne, Marie.

Je devrais recevoir vos exemplaires la semaine prochaine et je m’emploierai alors au délicat exercice qu’est la dédicace, avant de vous les renvoyer.

Je tiens aussi à remercier Nathy, mon éditrice, Marc Bailly et Frédéric Livyns, mes parrains chez Lune écarlate, Wolfy d’arkan, Emmanuelle Cart-Tanneur et tous ceux qui, par leur aide, leur œil vif, leur truffe fraîche, leur poil brillant et leurs conseils avisés, ont permis l’éclosion de ce rêve.

J’espère de tout cœur que les âmes enfermées dans ce grimoire trouveront miséricorde à vos yeux.

En attendant, voici un petit teaser réalisé par mes soins :

cliquez sur ce lien pour visionner la vidéo

 NB : Si le teaser démarre tout seul, alors c’est que vous êtes peut-être vous aussi un peu sorciers…



Hurler sans bruit

« C’est curieux, un écrivain. C’est une contradiction et aussi un non-sens. Ecrire, c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit. C’est reposant, un écrivain, souvent, ça écoute beaucoup. Ça ne parle pas beaucoup car c’est impossible de parler à quelqu’un d’un livre qu’on a écrit et surtout d’un livre qu’on est en train d’écrire. C’est à l’opposé du cinéma, à l’opposé du théâtre, et autres spectacles. C’est à l’opposé de toutes les lectures. C’est le plus difficile de tout. C’est le pire. Parce qu’un livre, c’est l’inconnu, c’est la nuit, c’est clos, c’est ça. C’est le livre qui avance, qui grandit, qui avance dans les directions qu’on croyait avoir explorées, qui avance vers sa propre destinée et celle de son auteur, alors anéanti par sa publication : sa séparation d’avec lui, le livre rêvé, comme l’enfant dernier-né, toujours le plus aimé. « 

Ecrire, Marguerite Duras, extrait.

Je lirais bien le reste….



AUTO-PROMO

Pub péché d'argile

En précommande jusqu’au premier juin

sortie le 4/06/2016

Une femme d’affaires sous pression, une diva orgueilleuse, une sorcière mélancolique, une prêtresse angoissée, une fermière combative, voici quelques-unes des femmes dont vous ferez la connaissance en ouvrant ce recueil.
Elles font naître les désirs, exacerbent les passions, déchaînent les fantasmes. Qu’elles les rencontrent par hasard dans un ascenseur, en discothèque, dans les loges d’un vieux théâtre ou au détour des allées d’un cimetière, les hommes dont elles croisent le chemin en repartent profondément transformés, à jamais pétris. Leur secret : un philtre composé d’un doigt de séduction, d’une pincée de magie et d’un soupçon de folie. En face, la sottise des hommes, leur brutalité et leur aveuglement.
Certaines, lasses, aspirent juste au repos. D’autres, perdues comme le sont les âmes seules, laissant planer dans leur sillage un amer parfum de vengeance, hantent les hommes jusqu’à leur faire perdre la tête. D’autres enfin, par pur orgueil, sont prêtes à défier le Diable ou les colères du ciel pour ressentir encore et encore et encore les pouvoirs enivrants du philtre magique.

Toutes, sous leurs ruses, leurs vices et leurs artifices, cachent pourtant des faiblesses, des blessures, toute la quintessence de leur humanité.



Prochain salon des auteurs : Chatuzange le Goubet (26) – 18 septembre 2016

Le prochain salon auquel j’aurai le plaisir de me rendre en tant qu’auteur est le 5e salon des auteurs de Chatuzange le Goubet, dans la Drôme.

Il se tiendra de 10 à 19 heures le 18 septembre au complexe Charles Bringuier (place du  19 mars 1962).

Il est organisé par l’ACEAA « Les compagnons de la plume ».

Au milieu de 60 auteurs locaux ou régionaux, j’y dédicacerai mes livres :

Infemmes et sangsuelles

Le petit oiseau va sortir

Du plomb dans l’aile

Jeux de dopes

Le parrain de la manifestation est le drômois Bérik, auteur et illustrateur de la célèbre BD Sylvain et Sylvette.

Le thème est le « livre jeunesse » et tient lieu de fil rouge mais tous les genres littéraires seront représentés.

 



The sin in the clay – Péché d’argile – Nightgaunt 4

Parallèlement à la sortie de mon recueil, je continue d’envoyer des nouvelles à certains fanzines ça et là. C’est pas la parution en fanzines qui met du beurre dans les épinards mais c’est ce qui a contribué (et y contribue toujours) à me faire connaître et à élargir un peu le cercle de mes lecteurs. Pis ça me permet de faire connaissance de gens sympas, passionnés et motivés.

Dernier exemple en date, Adam Joffrain, qui a eu l’initiative originale de créer un fanzine lovecraftien bilingue. Dans chaque numéro donc, deux parties, une avec un texte d’un auteur français,  puis celui d’un auteur anglophone, chaque texte étant ensuite traduit dans l’autre langue. Ce qui permet de (me, entre autres) faire connaître des auteurs anglophones tels Wilum H. Pugmire, Leigh Blackmore ou Chad Hensley.

J’ai donc le plaisir et la fierté de vous annoncer la parution, dans le quatrième numéro de ce fanzine, de mon texte intitulé Péché d’argile. Ce texte avait déjà été traduit en italien dans un périodique, suite à un concours international il y a deux ou trois ans. Il est, en outre, au sommaire de mon recueil Infemmes et sangsuelles, à paraître début juin aux éditions Lune écarlate (mais seulement dans sa version française).

Comme d’habitude je vous mets le lien dans le bandeau déroulant, à droite de ce blog (lien grâce auquel vous pourrez aussi vous procurer les trois (excellents) premiers numéros).

Nightgaunt 4

Sommaire / Index :
- Waiting for Cthulhu / En attendant Cthulhu – Leigh Blackmore
- Péché d’argile / The Sin in the Clay – Frédéric Gaillard (Vieufou Auteur)
- Un abime de nuit inconnu (Some Unknown Gulf of Night – French Only) P 3 – Wilum Pugmire (W Hopfrog Pugnacious)

Illustration couverture / Cover Art : Etienne Le Roux
Illustrations intérieures / Inside Art: Allen Koszowski, Eric Barge, Dave Felton



Lueurs matinales

J’admire l’écrivain qui,
allumant en mots les tréfonds de son âme,
et me les offrant
plonge au cœur de la mienne
un tisonnier brûlant,
une braise sifflante

***

Les étoiles dans mes yeux
N’ont d’éclat
Qu’une fois illuminées
Par le soleil des tiens

***

Le poète
austère
fût
par ses verres
mis en bière,
par ses bières
mis en vers,
par ses pairs
sévères
mis en taire


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