Péché d’argile – Dol de Bretagne

Les résultats sont tombés…
Pour sa quatrième édition, le concours de nouvelles Dol de Bretagne ouvrait pour la première fois cette année ses portes aux novellistes de la France entière (le premier, en 2010, était réservé aux dolois, le deuxième fut étendu à l’arrondissement de Saint Malo, celui de l’an dernier, troisième édition, englobait Pays de Loire-Bretagne-Basse Normandie).
J’ai le grand plaisir de voir ma nouvelle « Péché d’argile » en bonne place et en charmante compagnie, puisque le jury lui a attribué la deuxième place du palmarès, entre deux écrivains fréquentant comme moi le forum Maux d’auteurs : première : Françoise Bouchet (une de mes nouvelles figurait déjà avec une des siennes dans le recueil Renaissance, aux éditions Joseph Ouaknine en 2008 et une autre dans le recueil Amour bleu circulaire, aux défuntes éditions Nouvelles Paroles, en 2011) et Mireille Le Maître, sur la troisième marche du podium.
Je n’ai pas pu, à mon grand regret, me rendre à la cérémonie de remise des prix qui avait lieu aujourd’hui, dans le cadre de la manifestation « Lir’à Dol », mais je tenais à remercier ici même les organisateurs de ce concours ainsi que les membres du jury.
Après la Vendée en 2011, mon sculpteur va donc visiter les côtes bretonnes.
Il sera disponible dans un recueil, en vente dans les rayons des librairies doloises et sur commande grâce au partenariat de l’association DPI (Dol pays d’initiative), de la médiathèque de Dol « L’odyssée », de la librairie-papeterie « Fache » et de la librairie « L’herbe rouge », que je remercie également.

Le palmarès est ici

Péché d'argile - Dol de Bretagne dans 1 - Intégraal 2003-2017 92609210
    (Mireille Le Maître, Jean-Pierre bannier, président du Jury, et Françoise Bouchet)


Le 7e continent – c’est parti

Il y a une dizaine d’années, je découvrais avec effroi sur internet l’existence d’un continent constitué de milliards de particules de plastique issues de notre mode de consommation, dérivant au gré des courants océaniques.
Ce phénomène avait été repéré en 1999 par le navigateur Charles Moore, qui avait alerté l’opinion.
L’action de ces courants ramenait les particules, au centre des océans, formant des siphons appelés gyres, au centre desquels se regroupait tous ces déchets.
Ces continents, indétectables par satellite, se rapprochaient plus d’une soupe mixée que d’une surface solide sur laquelle on pouvait poser le pied.
En résultait une pollution sans précédent, à grande échelle, empoisonnant la faune marine de plusieurs manières, et par là même toute notre chaîne alimentaire.
Qui n’a pas vu avec effroi ces photos de cadavres d’oiseaux rejetés par la mer, dont l’estomac était rempli de bouchons de sodas indigérables, les faisant mourir de faim, de ces tortues dont le corps avait grossi à travers ces anneaux de plastique dans lesquels, poussées par la curiosité, elles s’étaient coincées un jour, de phoques ou de dauphins morts d’avoir confondu les appétissantes méduses dont ils faisaient d’habitude bombance avec des sacs en plastique de grandes surfaces ?
Ces continents étant situés en dehors des eaux territoriales, aucun pays n’en fit cas.
La dépollution aurait coûté trop cher, et pas question de limiter la fabrication de ce plastique si pratique.
Quant à éviter le gaspillage, chacun trouvait de bonnes raisons de ne pas y penser.
Les entreprises polluantes payèrent des taxes et obtinrent le droit de continuer à polluer.
On jouait aux 3 petits singes, à la patate chaude pendant que le continent grossissait, que les barquettes, bidons, bâches, bouchons, films, housses, pneus, caisses, bouteilles continuaient de se décomposer, rendant à l’océan toutes les substances chimiques que leur fabrication avait exigé : PCB, dioxine, hydrocarbures et autres….

En 2010, j’eus l’idée d’écrire une nouvelle partant de cette terrible constatation, pour tenter à ma manière de faire quelque chose, de sensibiliser d’autres personnes à ce problème par le biais du fantastique.

L’an dernier, j’entrai en contact avec l’OSL, une organisation qui préparait une mission d’exploration scientifique au cœur de ce continent de déchets.
Je consacrai une partie de mon blog à ce projet, sans en parler directement mais en postant des vidéos et des textes traitant du sujet.
Je leur proposai de publier ma nouvelle sur leur site, ce qu’ils acceptèrent avec enthousiasme.
Un voilier devait lever l’ancre au mois de mai-juin pour se rendre au cœur du continent et y effectuer des prélèvements.
Hélas, à la suite d’avaries matérielles et de soucis de santé d’un membre de l’équipage, la mission fut annulée, à la tristesse de tous.
L’hiver passa.
Pas question de prendre la mer par chaos de force 12 !

Cette année, les beaux jours reviennent, la mission redémarre, et tous espèrent pouvoir la mener à bien.
J’ai repris contact avec les membres de l’expédition, qui ont levé l’ancre ces jours-ci sous le commandement de Patrick Deixonne, membre de la Société des Explorateurs Français.
On peut en suivre la progression sur leur blog.

Ma nouvelle, après de légères corrections, devrait être prochainement lisible sur leur site ainsi que sur mon blog.
Souhaitons-leur bon vent…



Plaisir coupable

Entrer chez le marchand de journaux en douce à une heure de relative affluence.
Surtout rester discret, me fondre dans la masse.
Me diriger vers le rayon idoine.
Fureter, l’air de rien.
Rester hors champ de la caméra de surveillance.
Faire mine de m’intéresser à un magazine de bagnoles.
Jeter un oeil furtif vers la caisse pour m’assurer que la caissière regarde ailleurs.
Saisir à la volée, enntre le dernier Closer et Veillée des chaumières, le numéro du magazine Nous Deux, celui avec les gagnants du concours de nouvelles.
Ne pas confondre avec Notre Temps.
Ne pas prendre l’exemplaire sous blister, avec le miroir en forme de coeur à l’intérieur, qui vaut quatre-vingt quinze centimes de plus que l’autre.
Vite le recouvrir de magazines pornographiques, dessus-dessous.
Le noyer dans la pile.
Hésiter.
Réaliser que je n’ai plus l’âge de lire les uns, et pas encore celui de lire l’autre…
Espérer que la caissière n’y prêtera pas attention.
Prendre la file à la suite des clients, me rappelant n’avoir pas ressenti un tel trouble depuis longtemps, quand je dissimulais mes premiers Fluide Glacial dans des numéros de Mickey parade pour rentrer en douce à la maison.
Regarder mes pieds ou le plafond d’un air dégagé.
Ne pas sifloter ni lacer mes chaussures, ce qui peut paraître suspect, surtout que je porte des sandales à velcros.
Rester le plus naturel possible malgré la moiteur des paumes, la transpiration et le début de tachycardie.
Passer à mon tour.
Prendre en plus un sachet de bonbons pour essayer de diluer l’achat répréhensible au milieu des autres.
Prier pour que la caissière ne demande pas à voix haute à sa collègue du fond du magasin:
_ Dis-donc Sylviane, Nous Deux, c’est quel code ?
Payer la pile de journaux.
Faire mine de ne pas m’apercevoir du regard amusé de la buraliste.
Ressortir  et vite jeter les magazines porno dans la première poubelle venue.
Ne garder que la première page de XXXXmag pour sauver les apparences.
Placer à l’intérieur le numéro de Nous deux si durement acquis.
Fantasmer le contenu.
Penser lire le magazine une fois rentré à la maison, en dépouillant le paquet de bonbons.
Afficher ostensiblement la couverture de XXXX dès que je croise un badaud.
Résister à l’envie de m’asseoir sur le trottoir pour attaquer ma lecture coupable sans attendre.
Comme c’est trop dur, temporiser : manger tous les bonbons avant d’arriver à la maison.
Souffler un grand coup en passant la porte.
Laisser mes pulsations cardiaques redescendre à la normale.
Freiner l’excitation qui me gagne.
M’assurer de n’être pas dérangé par les gosses. ça va, ils sont à l’école.
Fermer la maison à clé, résilier mon abonnement téléphonique, couper l’électricité pour ne pas être dérangé.
Jeter la couverture de XXXX mag dans la poubelle de papiers.
Me laisser tomber sur le canapé avec le magazine.
Aller tout de suite aux pages concernées.
M’étonner tout de même qu’il n’y ait pas de triple page au milieu du magazine…
Les temps ne sont plus ce qu’ils étaient, les plaisirs coupables non plus.
Déguster lentement les nouvelles d’Emmanuelle Cart-Tanneur, ma soeur de plume, vainqueur du concours catégorie nouvelle romantique (p.20)avec qui j’avais partagé un podium en 2011, et de Laurence Marconi, vainqueur catégorie nouvelle historique (p.50), très belle plume qui fréquente le même forum littéraire que moi.
Jouir des yeux, du cerveau, du coeur…
Me rappeler soudain que j’ai tenté en vain le concours en question il y a sept ans, ma nouvelle sans doute trop fantastique ayant déclenché des AVC cardio-pulmonaires du foie rénal chez les membres du comité de lecture du magazine…
Me dire que ça y est, je viens d’entrer malgré moi dans leur lectorat.
Arracher rageusement ce cheveu blanc qui vient d’apparaître sur l’une de mes tempes.
Me dire que pour ce faire, j’aurais dû acheter l’exemplaire du magazine avec le miroir-coeur…
Me dire qu’on ne m’y reprendra pas, à moins qu’un autre forumeur l’emporte l’an prochain.
Me dire que je n’entrerai jamais dans leur comité éditorial, avec mes textes bizarres.
Pleurer.
Relire les deux nouvelles gagnantes pour me consoler.


Comès rejoint l’arbre-coeur

Je viens d’apprendre (je sais, je suis à la bourre…) le décès de l’artiste belge Didier Comès, un de mes dessinateurs favoris, à l’âge de 71 ans le 7 mars dernier, des suites d’une pneumonie.
Initialement dessinateur industriel, on lui doit pas mal de BD, d’abord dans Le Soir, Pilote, puis dans à Suivre, puis en albums.
On retiendra Ergünn l’errant, La belette, Silence, la maison où rêvent les arbres, Eva… je pourrais citer ainsi tous les albums, la plupart en noir et blanc, de celui qui fut considéré dès ses débuts comme l’héritier d’Hugo Pratt.
Il développait des univers sombres, ruraux, empreints de magie.
Comès rejoint l'arbre-coeur dans 3 - Imaginaciens - magiciens de l'imaginaire comes210
« Petit, j’ai été nourri de légendes allemandes, inquiétantes, peuplées de nains, de sorciers, qui ressemblaient à certains contes bretons. La Wallonie demeure très celtique. C’est une terre de brumes et de mystères. »
belett10 dans 3 - Imaginaciens - magiciens de l'imaginaire

(planche extraite de la Belette)

Il a obtenu l’Alfred du meilleur album pour Silence au festival d’Angoulême en 1981  et en 1983 le prix Saint-Michel de la meilleure BD pour La Belette.



Disparition d’une maison d’édition. Zut, c’est la miennne…

Les éditions Kirographaires sont officiellement décédées.
Elles ont été placées en liquidation judiciaire le 23 avril dernier.
Elles avaient bien essayé, dans un dernier sursaut, de proposer aux auteurs d’acheter leurs propres livres, de monter un groupement d’auteurs « actionnaires »…
Les bruits couraient à ce sujet, chacun y allant de son commentaire.
Il s’est même monté des collectifs d’auteurs contre Kiro, qui essayaient de « recruter » des auteurs mécontents.
Je me suis volontiers tenu à l’écart de tout ça, n’aimant guère hurler avec les loups ou tirer sur l’ambulance.
Les auteurs sous contrat avec K. récupèrent leurs droits.
Du coup, mon futur recueil, Infemmes et sangsuelles, annoncé sur leur site pour juin, est en sommeil, le temps pour lui de trouver une nouvelle maison plus solide pour l’héberger.
Mais je n’ai pas dit mon dernier mot… certains des textes du recueil vont tenter leur chance ailleurs en attendant.



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