Ison n’y a vu que du feu

Il y a quelques années (2005) paraissant dans le fanzine Éclats de rêves une de mes nouvelles, intitulée « Que d’eau… » qui racontait le voyage d’une étrange « comète » gorgée d’eau en direction du soleil. Dans mon histoire la « comète » avait été crachée par un trou noir afin d’éteindre ledit soleil, dont la luminosité lui donnait d’atroces migraines.
J’avais eu droit à une chronique salée sur le blog « les vagabonds du rêve« , disant que c’était du « n’importe quoi ».
L’actualité de ces derniers jours me venge : la comète Ison, d’un diamètre à peine supérieur à un kilomètre  (donc bien plus petite que la mienne – ceci dit sans me vanter – mais qui oserait encore de nos jours prétendre que la taille a de l’importance ?…), un gros bloc de roches, de poussières et de glace, est passée près du soleil, on pourrait même dire « en plein dans le mille » (à peine un peu plus d’un million de kilomètres) jeudi soir, affrontant des températures de 2700° et perdant 3 millions de tonnes par seconde.

Ison n'y a vu que du feu dans 1 - Intégraal 2003-2017

Elle n’aura pas connu le sort que lui avait réservé mon histoire :

Ison depuis semble bel et bien avoir disparu des écrans radars.

Le soleil, lui, n’en a pas pris ombrage !

Na !

Les astronomes amateurs du monde entier vont être déçus : elle devait croiser au plus près notre planète, et donc être visible, au début du mois prochain.
Raté ! Au mieux il n’en restera que quelques débris « plus ou moins gros » selon les scientifiques.

De là à me prêter des talents de visionnaire…



L’art de la nouvelle

« Pour un écrivain, est-il exercice littéraire plus risqué que la nouvelle ? Le roman, même bref, est toujours assez long pour autoriser les fourvoiements qui aboutissent à une impasse, les louvoiements superflus, tel personnage mal campé mais que le reste de la distribution permet de tenir pour négligeable. L’auteur dispose devant lui d’un espace propice au rétablissement. Le nouvelliste est un acrobate qui travaille sans filet, un funambule franchissant les chutes du Niagara en équilibre précaire sur le fil tendu d’une rive à l’autre. Au moindre faux pas, c’est la chute. Tout se joue en quelques pages. Sur une si courte distance, il faut installer des personnages, leur donner une épaisseur, les mettre en situation et créer une tension, un suspense permettant d’amener sans tarder au dénouement qui, en principe, devra surprendre le lecteur, l’émouvoir ou le faire sourire. »

Gilles Perrault



L’affaire est dans le sac – baptême du feu

Un de mes textes écrit dans le courant de l’année, intitulé « L’affaire est dans le sac » a participé au concours Brèves de Plumes de Nouzilly.  Les résultats viennent de tomber :

Nous sommes heureux de vous communiquer le résultat de notre cinquième concours de nouvelles « BREVES DE PLUME  2013 », pour adultes.

80 personnes y ont participé, cette année.

Pour sélectionner les lauréats, le jury composé de neuf personnes a dû longuement délibérer: des styles intéressants et très variés, beaucoup de créativité, de l’humour, des histoires bien ficelées, des chutes surprenantes que le jury a appréciées.…

Voici les lauréats primés:

  • 1ère : UNE PINTE DE VENT   de DANY LECENES de Parnay (49)
  • 2ème : LE CŒUR DES FLEURS   de SYLVIE DUBIN d’Angers (49)
  • 3ème : CHOREGRAPHIE D’UN CADDIE   de MARIE LATOUR de Feurs (42)

 Nous leur ferons pavenir leur prix car cette année, nous avons dû, exceptionnellement, annuler la remise officielle. 

 

Sélection spéciale du jury  (sans prix):

 

  • DRAME A LA PETITE SEMELLE d’ERIC GOHIER de Frontignan (34)
  • DE REVES BRISES EN REVES BRISES… de JEAN-CHRISTOPHE PERRIAU d’Athis-Mons (91)
  • LES MALHEURS D’AMELIE  de MICHELE OBADIA de Cagnes (06)
  • J’AI HABITE LES RUINES  de SYLVIE ARDITI de Paris XXéme (75)
  • L’AFFAIRE EST DANS LE SAC  de FREDERIC GAILLARD de Valence (26)
  • ENTRE LES CUISSES  de DIDIER LACRAMPE de Mérignac (33)
  • LE RETOUR  de FRANCOISE BOUCHET de St Georges-Buttavent (53)

Pas de prix pour moi, donc, mais une mention du jury pour une huitième place.



1282…

 

1282…

C’est le chiffre du jour.
C’est surtout le nombre de textes reçus par le site Welovewords pour leur concours de la plus petite nouvelle (je rappelle avoir mis quelques-uns des miens en jeu…).

Je vous tiendrai informé, peut-être pas des résultats complets, mais au moins de mon classement…



Monsieur le rédac’chef de Faërie Mag

 

Je ressuscite ici ce court texte ayant participé au grand concours de mini-nouvelles 2009 « Vous m’ferez 10 lignes » de Montélimar (je ne savais pas à l’époque que Faerie magazine existait réellement aux USA)

Sujet : répondre à l’appel lancé dans un hebdomadaire régional : « Avis de recherches : on n’a toujours pas retrouvé les coquecigrues. Toutes pistes ou indices sont les bienvenus ».

Monsieur le Rédac’chef de Faërie Mag.

D’autres races que les coquecigrues ont hélas disparu récemment.

Depuis l’implantation de l’usine derrière la colline au sud du Royaume, les Ents qui la peuplaient sont morts asphyxiés par les fumées qui ont rongé le brouillard magique protégeant l’entrée du pays.

Ses frontières reculent de jour en jour, amenant sur nos sentes des gens du monde extérieur.

Leurs papiers gras ont fait une victime chez une des dernières fées : Notre regrettée Clochette a été percutée en plein vol et s’est éteinte ce matin.

Hier un « humain » a vidangé son 4×4 dans la Source : un seul lutin a survécu dans tout le village.

Les trolls se sont figés à jamais. La Licorne a fui dans les montagnes du Nord.

Il nous faut protéger le Petit Peuple, c’est pourquoi je suis volontaire pour saboter l’usine et prendre le fils du patron en otage.

C’est la guerre.

Libérons Faërie.

Cordialement.

Gnarl, Croquemitaine

 Cette lettre m’a depuis inspiré une nouvelle d’urban fantasy plus longue, intitulée « Vente, vent… » que j’espère caser dans un recueil ou une anthologie un jour ou l’autre…



Stephen King est à Paris

Stephen King, le maître du Fantastique, est à Paris ces jours-ci. Il vient présenter son dernier roman, Dr Sleep, la suite du célèbre Shining.

Extraits d’interview, entre humour, souvenirs, frissons et talent :

Comment je me sens d’être là? Ravi! Moi, je suis un vieil écrivain lessivé, alors quand je vous vois tous là, nombreux, j’ai l’impression d’être Justin Bieber… Question suivante?

à propos de Shining : ma femme et moi venions d’avoir une petite fille – nous avions déjà un fils, qui deviendrait l’écrivain Joe Hill – et ma belle-sœur nous avait proposé de garder les enfants pour prendre quelques jours tous les deux ;nous nous sommes retrouvés au Stanley Hôtel,  dans le Colorado. Nous étions les seuls clients. C’était effrayant. On est arrivés alors que tous les clients partaient. J’ai demandé à la réceptionniste : On peut passer le week-end ici ? Elle m’a répondu : Oui si vous payez en liquide. J’avais des travellers chèques et nous sommes restés. Et ça nous a bien foutus les jetons ! Le bruit du vent, l’immense salle à manger vide. Nous avons dîné seuls, dans une salle à manger gigantesque où les chaises étaient retournées. Ma femme s’est absentée, et j’ai regardé une lance à incendie enroulée au mur en me demandant si elle pourrait se transformer en serpent. Le temps que je regagne ma chambre, j’avais un livre entier dans ma tête.

Beaucoup de gens considèrent Shining comme le livre le plus effrayant qu’ils aient lu dans leur vie.  Mais vous aviez 14 ans, vous étiez en colonie de vacances et vous le lisiez à la lueur d’une lampe-torche sous les couvertures. Je veux vous faire crier, je veux vous tirer les larmes, mais vous étiez si impressionnables à l’époque, vous étiez vierges, c’était si facile de vous effrayer.

à propos de Carrie : j’ai connu plusieurs filles qui ressemblaient à Carrie. Une s’est donnée la mort. En écrivant Carrie, je voulais simplement leur permettre de se venger contre toutes les brutes des écoles… Il y a eu beaucoup trop d’adaptations, des films, un show à Broadway… Regardez la taule que vient de prendre le remake du film aux Etats-Unis! Pourquoi pas Carrie, le spectacle de marionnettes?

à propos de Docteur Sleep : D’habitude, lorsque je termine l’écriture un roman, je sais que j’en ai fini avec mes personnages. Non pas parce que je ne les aime pas, mais parce que je ne sais pas ce qui va leur arriver après, a expliqué le romancier. Or, avec Danny Torrance, cela a été différent : il n’a jamais réellement quitté mon esprit. Danny a eu une enfance assez dramatique. J’étais curieux de savoir ce qu’il deviendrait une fois adulte et ça ne m’arrive pas très souvent.

Stephen King est à Paris dans 3 - Imaginaciens - magiciens de l'imaginaire

le pouvoir qu’il aurait aimé posséder : Celui que possède Danny Torrance : J’aimerais pouvoir retrouver les objets perdus. Vu que je ne trouve jamais la moutarde dans le réfrigérateur, ma femme assure que les hommes souffrent de la cécité du réfrigérateur, une maladie qui empêche de trouver quoi que ce soit dans le frigo. Alors qu’elle arrive et met la main dessus directement… Lire dans les pensées des autres comme l’enfant de Shining, ce n’est pas pour moi. Regarder dans le trou de la serrure, ça peut vous revenir dans la figure.

secrets d’écriture : La clé pour effrayer son lecteur est de créer des personnages auxquels on s’attache, pour lesquels on a de l’empathie. Ce n’est qu’à cette condition que l’on peut trembler pour eux.

sur ses peurs : J’ai surtout peur de la maladie d’Alzheimer. De la baisse de mes capacités intellectuelles. Ça, ça me fiche vraiment la trouille. La mort ? C’est sûr que l’idée devient moins théorique qu’autrefois, pour moi. Je m’intéresse au fait de mourir, le seul phénomène universel que nous connaissons tous… avec la naissance. C’est un mystère, personne n’a jamais raconté. J’essaie de comprendre.

sur Maximum overdrive, seul film qu’il a réalisé : C’était un film horrible! Je travaillais avec une équipe italienne et on ne se comprenait pas. J’étais saoul et défoncé la plupart du temps.

sur la publication de livres sur internet : Aujourd’hui, il n’y a plus de gardien de but, plus personne pour vous dire que votre grammaire est nulle, que votre truc est plein de clichés, donc les gens balancent les mots n’importe comment, et ils s’en foutent. Il n’y a pas grand-chose à faire hormis espérer que les lecteurs recherchent la qualité. Or certains de ces livres marchent… Fifty Shades of Grey, franchement, c’est pas très bon

sur sa venue en France : Si je ne suis jamais venu en France, c’est que j’avais honte : vous parlez ma langue, moi je ne maîtrise par la vôtre. Et puis, récemment, je me suis dit : après tout, il y a tant de jeunes rockeurs anglo-saxons qui y vont, alors pourquoi pas un vieil auteur américain?

sur son prochain roman : Je ne sais pas qui de l’œuf ou de la poule a l’antériorité, mais j’ai écrit l’histoire d’un personnage qui planifie une attaque, juste au moment des événements de Boston.

sur son séjour à Paris : J’ai bien prévu quelques virées pendant mon temps libre mais si je vous le disais, je serai ensuite dans l’obligation de vous tuer… (rires) Je vais probablement visiter le Louvre. Acheter du rouge à lèvres pour embrasser la tombe d’Oscar Wilde. Et me recueillir auprès de celle de Jim Morrison. Il y a les catacombes, aussi. Que voulez-vous, je suis comme je suis : un homme de cimetières !

King_en_France dans 3 - Imaginaciens - magiciens de l'imaginaire

 

 

 

 



Le Diable et la Diva – extrait

Initialement prévue pour l’automne 2011 – avec une parution trimestrielle le fanzine s’annonçait prolifique – mais reportée suite à des problèmes de financement, voici que s’annonce imminente la sortie de Nocturne, les charmes de l’effroi n°3.
Après Un sang d’encre dans le n°1 (thème Encre et ténèbres) et Here I stand and face the rain dans le n°2 (Toiles et démence), j’ai le plaisir de figurer au sommaire de ce troisième et espéré opus, dont le sujet est « Griffes et décrépitude », avec un texte intitulé Le Diable et la Diva, dont je vous propose un extrait en lecture gratuite ici en attendant de découvrir la suite dans le numéro trois. Vous y trouverez aussi l’incipit de la nouvelle de mon confrère du forum maux d’auteurs, Julien Noël, intitulée La nuit du sabbat.

L’appel à textes pour le n°4 est relancé. Le thème en est « Abysse et servitude ». à vos claviers…



à une lettre près

 

je ressuscite ici ce court texte de 2010, envoyé à Montélimar (vous m’ferez 10 lignes) et depuis légèrement modifié,  qui nous rappelle combien il est important de bien se faire comprendre en toute circonstance…

Avec ma solde de trooper, soit le salaire d’un peu moins de neuf ans passés au service de ma Compagnie et un grade de Sergent chèrement obtenu lors de terribles batailles autour des lunes de Pluton qui m’avaient coûté un oeil et ma jambe droite, j’avais pu me payer un petit vaisseau et acheter à l’Empire un bout de rocher pour loger ma famille, près de Vénus et des routes commerciales, un astéroide terraformable à peu de frais. Retraité depuis trois mois j’étais revenu sur Terre chercher Jane. Et Elliot, que je n’avais jamais vu qu’au visiophone.

La première chose quand on colonise une si petite planète, est de s’assurer qu’il n’y a pas déjà un astrochtone sur place. Si indigène il y a, il faut savoir si une cohabitation est possible, ou chercher un autre caillou, désert celui-là. J’appris donc en chemin à mon épouse et à mon fils de huit ans les rudiments du vénusien en commençant par la prise de contact.

En vénusien, « Bonjour, y a quelqu’un » se dit « dsver vdfr mlk ilo ». « Nous venons en amis, pouvons-nous cohabiter? » se prononce « zbül ».

Je leur fis répéter ces fondamentaux pendant tout le voyage. Sitôt posés, nous vîmes que l’astéroide était déjà habité. Impuissant, j’entendis alors ma femme dire à la créature verte, avant qu’elle ne nous atomise, « dsver vdfr mlk ila », ce qui, en vénusien, signifie « Rends-toi ou meurs, cette planète est la nôtre. »

 (30 avril 2010)


 



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