L’art de la nouvelle

« Pour un écrivain, est-il exercice littéraire plus risqué que la nouvelle ? Le roman, même bref, est toujours assez long pour autoriser les fourvoiements qui aboutissent à une impasse, les louvoiements superflus, tel personnage mal campé mais que le reste de la distribution permet de tenir pour négligeable. L’auteur dispose devant lui d’un espace propice au rétablissement. Le nouvelliste est un acrobate qui travaille sans filet, un funambule franchissant les chutes du Niagara en équilibre précaire sur le fil tendu d’une rive à l’autre. Au moindre faux pas, c’est la chute. Tout se joue en quelques pages. Sur une si courte distance, il faut installer des personnages, leur donner une épaisseur, les mettre en situation et créer une tension, un suspense permettant d’amener sans tarder au dénouement qui, en principe, devra surprendre le lecteur, l’émouvoir ou le faire sourire. »

Gilles Perrault



2 commentaires

  1. Julien N. 25 novembre

    Une réflexion très juste mais j’avoue, non sans honte, que je ne connais pas cet auteur.

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    • Vieufou 30 novembre

      on lui doit notamment Le pull-over rouge,à propos de l’affaire Ranucci, un livre qui a beaucoup pesé en faveur de l’abolition de la peine de mort en France à la fin des années 70

      Répondre

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