Cette année le père Noël a mis ses habits noirs, ceux de la collection Côté court des éditions JFE. Il m’a également apporté L’effervescence du pianiste, le nouveau recueil de nouvelles d’Emmanuelle Cart-Tanneur. De bonnes heures de lecture en perspective….
Dénicher un bon job, ça n’est pas si facile
A part le cinéma, ayant tout essayé
J’ai couru les castings – tout à fait le profil
M’a dit un producteur, on va donc commencer
Moi, j’aurais bien aimé lire le scénario Sentir mon personnage, me glisser dans sa peau (bis)
Y a pas de temps à perdre, allez, sur le plateau !
Deux blondes m’attendaient, tous avantages dehors
J’ai tout de suite compris qu’elles me trouvaient très beau
Et qu’elles étaient vraiment fascinées par mon corps
Moi j’aurais bien aimé contre un sein me blottir laisser monter en moi des bouffées de désir (bis)
Coït, première, moteur, bon Dieu, ça traîne, action ! Missionnaire et levrette, brouette de Tombouctou Tu devrais être prêt pour une fellation Vous dormez, ma parole ! C’est mou, tout ça, c’est mou !
Moi j’aurais bien aimé laisser couler le temps Faire un peu connaissance, l’ombre d’un sentiment (bis)
Coït, quarante-cinquième, sodomie pour changer Là, j’ai rendu les armes mais j’ai eu des frayeurs quand le caméraman a ordonné : Coupez ! Avant de préciser : On r’prend dans un quart d’heure
Moi, j’aurais bien aimé un peu plus de tendresse Davantage de cœur et un peu moins de… Moi, j’aurais bien aimé un peu plus de tendresse Davantage de cœur et un peu moins de fesses
J’ai dit au producteur : Je suis pas Stakhanov – OK, reviens demain, j’te donne un bon boulot Un film sentimental : Mykonos my love Un rôle de gay passif vraiment d tout repos
J’ai participé cette année encore au prix Pépin de la nouvelle, récompensant des textes de 300 signes au maximum. Ce coup-ci, même si je n’ai toujours pas gagné, un de mes pépins a passé les premières sélections et s’est retrouvé parmi les finalistes.
300 signes, ce n’est rien, me direz-vous. A peine quelques lignes. Mais bien souvent, ça suffit pour faire une histoire. Parce qu’une trace, aussi infime soit-elle, est une trace…
Mon texte, ainsi que les autres finalistes et lauréats des éditions 2013 et 2014 du prix, ont été publiés dans le dernier numéro du magazine Géante Rouge (n°22).
Comme ça ne fera pas de tort au magazine, je le reproduis ici dans sa version originale (je l’ai depuis rallongé de quelques mots) :
WEB END
Quand brusquement périt la fée Informatique, on entendit pleuvoir sur l’asphalte des cités les coques inutiles d’obsolètes machines.
Entre ces murs glacés, on ouït à nouveau les tic-tacs des horloges et des montres à gousset, les drings mélodieux d’antiques téléphones, puis des voix apeurées appeler dans la nuit.