Pas de stress, je joue à domicile…

Ce qui est bien, quand tu participes à un événement littéraire dans ta propre ville, c’est le no-stress.

Tu n’as pas à t’inquiéter du prix du trajet en train ou bus (qui grève à chaque fois ton maigre budget) ni de savoir si tu vas pouvoir te payer le resto et faire la fête avec tous les autres auteurs ou devoir refuser  et rester à part de la bande, de l’ambiance, des relations que tu pourrais tisser à cette occasion – et te contenter d’un sandwich par jour, ni de te soucier de l’endroit où tu vas dormir (à moindres frais, voire gratos, budget encore, à tel point qu’à chaque salon que je fais, selon la saison, je me demande si je ne vais pas emporter mon duvet et me trouver un buisson derrière la salle des fêtes où se tient l’événement susnommé ou dormir dans une bagnole plutôt que de louer une chambre d’hôtel, même à plusieurs…), ni de savoir si tu vas au final vendre quelques malheureux livres (écrits avec ta sueur, tes larmes, ton sang… mais furieusement inutiles en l’état), ce qui rembourserait les frais de transport, bouffe et logement inhérents au voyage. Sans parler de l’inscription payante auxdits salons. La plupart du temps tu en es pour ton argent, quelquefois tu arrives à mettre la balance à l’équilibre. Souvent même, faute d’acheteurs, repars-tu bredouille, avec pour seule satisfaction celle d’avoir rencontré des gens, auteurs, noué des amitiés, étoffé ton réseau. Des fois même ce sont les auteurs présents au salon avec toi qui t’ont acheté les seuls livres que tu as vendu au cours de la manifestation. Alors quand tu rentres et que tu poses 20 ou 30 balles sur la table pour faire bouffer tes gosses tu es, sinon content, du moins à moral zéro. C’est d’ordinaire mon quotidien, ma réalité. Comme on dit « c’est le jeu ma pauvre Lucette ». « Jeu » qui décourage plus d’un écrivant.

Dans ta propre ville c’est en tout cela différent. Un quart d’heure à pieds de chez toi, un sandwich à midi et dodo à la maison le soir. No frais (ai-je déjà dit que, chômeur, je n’avais pas le sou ?), no stress et no fatigue.

Samedi il s’agissait d’une bourse aux livres organisée par les commerçants du quartier Bouffier, dans les rues piétonnes de Valence. Certain(e)s ami(e)s m’ont glissé qu’ils espéraient que ça marcherait, une bourse aux livres n’étant pas – j’en étais conscient en m’y inscrivant – le lieu le plus propice pour vendre des livres neufs, l’auteur desdits livres y fût-il présent.

C’est malgré cela sans pression que je m’y suis rendu, à cette bourse, ma première apparition en tant qu’auteur dans ma propre ville (nul n’est prophète en son pays, qu’il disait…). Dès mon arrivée je notai les quelques tables déjà garnies de bacs de livres d’occase (certainement tirés des greniers des commerçants de la rue – ce n’est pas une critique, au contraire, c’est le but d’une bourse, brocante de livres.)

J’eus aussitôt le plaisir et la surprise de retrouver Annie Breysse, poétesse tournonnaise avec qui j’avais participé au salon du livre de Saint-Martin-d’Hères (38) il y a quelques mois. Dès lors je savais que la journée serait placée sous le signe de la bonne humeur ! Nous fûmes vite placés, étant les deux seuls auteurs de la manifestation, avec un photographe qui vendait ses livres de photos de la région, par les organisateurs de la bourse.

J’avais emmené un peu de lecture, comme à chaque salon, pour meubler le temps en attendant le chaland. Ce coup-ci, j’avais emmené Série Noire, recueil de nouvelles d’Emmanuelle Cart-Tanneur, auteure lyonnaise et amie dont les écrits me suivent à peu près partout, étant pour moi source de moral et de quiétude. Je n’en pus lire que deux textes car je n’eus pas le temps de m’ennuyer. Bon, il faut dire qu’avec Annie, on a pas mal discuté et rigolé…

Vers la fin de la matinée un jeune homme, Tim, fondit littéralement sur mon stand, très intéressé par ce qu’il y découvrait. Sans hésitation, il opta pour mon dernier recueil, De lointains rêvages, et repartit visiblement enchanté avec son livre dédicacé. Une dame me prit un exemplaire de Du plomb dans l’aile ainsi qu’un Jeux de dopes, que je dédicaçai respectivement pour Bérénice et Antoine.

Je passerai vite sur la sono (un  peu forte) et sur les machines rigolotes, qui soufflaient dans la rue des myriades de bulles, pour la joie des enfants. Entre deux rigolades avec ma voisine, je m’aperçus que le magasin en face duquel était située ma table était en fait… un studio d’enregistrement. Du coup je sautai sur l’occasion et sur la dame aperçue dans la boutique, ouverte pour seulement une heure ou deux ce jour-là (pas la dame, la boutique, suivez un peu…). Elle m’expliqua gentiment que les activités du studio étaient en pause en attendant du nouveau matos et reprendraient vers la fin octobre, et eut l’amabilité de me donner ses coordonnées en me proposant de la recontacter à cette période. Le hasard fait qu’il n’y a pas de hasard… c’est que j’ai aussi un alboume de chansons à enregistrer, moi…

Vers la fin de l’après-midi, Annie et moi-même crurent être devenus des stars ! en moins de cinq minutes vinrent nous voir une journaliste de Radio méga (99.2) la radio locale, ainsi qu’Olivier, un photographe du Dauphiné Libéré (journal local qui m’avait consacré trois articles en 2014-2015, et plus rien depuis, malgré la sortie de mes deux recueils en 2016 et 2018 et mes nombreuses sollicitations) pour nous interviewer et nous tirer le portrait, vu que nous étions les seuls auteurs de la rue sur une douzaine de tables.

Je passe les détails de l’interview, que vous retrouverez sans doute sur Radio Méga, amputée je l’espère par la sympathique reporteresse de mes bafouillages et des énormités que j’ai pu proférer au micro (il ne devrait donc pas en rester grand chose ;) ). Je rajouterai le lien à cet article.

Je vais guetter tout cela, ainsi que la parution dans les prochains jours de l’exemplaire du journal dans lequel figureront les photos de l’événement. Je vous invite à faire de même, et le cas échéant, à découper l’article (ça c’est pour mes amis valentinois et bourcains) et à me le garder, si je ne parviens pas à me le procurer pour mes archives. Je vous en remercie d’avance.

Discutant plus longuement avec le photographe du Daubé, prénommé Olivier, je lui narrai mes non-liens avec le journal et il me proposa de nous rencontrer ultérieurement pour écrire un article sur mes derniers bouquins, ce que j’acceptai avec gratitude en lui glissant mes coordonnées. Il montra un réel intérêt pour mes livres, et acheta même un exemplaire de Du plomb dans l’aile, ma fable aviaire. Qu’il soit à nouveau remercié pour tout cela.

Je n’ai pas parlé des badauds sympathiques, ni de la fillette (âgée de 6 ou 7 ans) qui s’arrêta devant ma table en pointant du doigt, les yeux grands ouverts, la petite statue de Cthulhu qui m’accompagne sur mes salons, et se mit à feuilleter avec envie un exemplaire de Nightgaunt pour y trouver des dessins du même acabit, en s’extasiant sur les quelques dessins de monstres qu’elle y trouva. Une future lectrice qui a déjà son idée sur ce qu’elle veut lire !

Une journée fort sympathique donc et pleine de promesses, qui s’acheva dans la bonne humeur. Des organisateurs dynamiques et à l’écoute (qui referont appel à nous pour la bourse aux livres de l’an prochain, et sans doute même entre temps pour le marché des artistes et artisans), des badauds intéressés et ma voisine avec qui j’ai bien rigolé ! Bref, une journée utile et agréable partagée avec Annie Breysse, la seule, l’unique et impayable (il en existe dans la région quelques – mauvaises – contrefaçons, m’a-t-on dit ;) ).

Maintenant il ne me reste plus qu’à stresser en pensant au salon des Aventuriales de Ménétrol, les 28 et 29 septembre, ma prochaine « aventure ». Trouver comment m’y rendre, où dormir, où manger (et avec quel argent, voir paragraphe 1), et surtout comment racheter des livres (ah oui parce que mon stock d’exemplaires d’Infemmes et sangsuelles, du Petit oiseau va sortir et de Jeux de dopes étant presque à sec, il va aussi falloir que je trouve des sous pour en acheter quelques exemplaires à mes éditeurs d’ici là, sans trop gréver le budget de la maison). C’est que ça bouffe, trois ados !

Parce que, inquiétude supplémentaire que je n’ai pas mentionnée dans le premier paragraphe pour ne pas vous faire pleurer tout de suite, si je n’ai pas de livres, je ne peux pas faire de salons… et la boucle est loin d’être bouclée.

A LA PROCHAINE ! D’ici là, bonnes lectures…



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