Des caisses pour papoter

Des caisses pour papoter…

Y avait ça quand j’étais môme (donc jusqu’au début des années 80) ça s’appelait, attendez que je me souvienne… une épicerie. Y en avait plein dans la ville, une dans chaque quartier. Même que l’épicier dans celle de ma rue me laissait parfois faire la caisse quand il partait pisser, s’il n’y avait pas trop de clients. Il savait que le temps qu’il revienne la petite vieille qui hantait les allées n’aurait pas fini de me raconter sa vie ou de me demander la mienne et qu’il pourrait s’occuper de l’encaisser (après avoir entendu à son tour ce qu’elle venait de me dire). Y avait une quincaillerie aussi, un marchand de journaux, des bars, deux coiffeurs, trois boulangeries, un réparateur de vélos et une boucherie, et… dans ma rue y avait même, dans les caves d’un immeuble accessibles depuis le trottoir par une pente raide, un grossiste en olives et épices. J’ai passé des heures à la sortie de l’école entre des tonneaux plus hauts que moi chargés d’olives jusqu’au bord, à m’enivrer d’odeurs exotiques et à discuter avec le vieux monsieur en blouse bleue qui les vendait. Cela peut expliquer en partie pourquoi je ne rentrais pas tout de suite chez moi pour faire mes devoirs… en y repensant ma grand-mère devait carrément venir m’en arracher en me tirant par la main… Ah, et en face il y avait un atelier de confection de bijoux, juste à l’angle de la rue.

Aujourd’hui dans le quartier restent deux coiffeurs pour vieux, un bureau de tabac, un pizzaiolo en livraison et des façades muettes. Une salle de fitness-yoga-remise-en-forme a remplacé l’atelier à la fenêtre duquel je me perchais pour discuter avec les ouvrières qui polissaient les pierres précieuses, sertissaient les bagues.
Les enfants aujourd’hui rentrent directement, font leurs devoirs vite et à contrecœur et s’enfouissent avec leur ennui sous des gigabits d’images lénifiantes, les vieux hantent les allées des supermarchés, poussant leurs caddies, puis une fois chez eux ils s’affalent avec leur solitude devant une télé qui parle pour eux et s’éteignent en grésillant comme les ampoules à filament usées de réverbères antédiluviens ..
Ah et sinon quant à l’article ci-dessus, ça ne se passe pas en France…

- Bonjour, c’est à qui ?



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