An Vingt, neuvième septain

Harold adorait prendre l’avion pour trois bonnes raisons. La première, c’est le mini-bar à volonté proposé par le personnel navigant. Quelques mignonnettes lui permettaient de combattre son mal des transports dès le décollage.
La seconde, c’est qu’une fois l’appareil à son altitude de croisière, l’effet de l’alcool et quelques somnifères aidant, il pouvait dormir de dix à douze heures en moyenne, jusqu’à son réveil par l’hôtesse pour l’atterrissage,
Le profond sommeil dans lequel il était plongé pendant la totalité du voyage lui permettait de ne pas avoir à affronter ses trois plus grandes terreurs : la panne de moteur, synonyme de crash, l’attaque terroriste, synonyme d’explosion en vol ou une saloperie type grippe aviaire ou coronavirus infectant les passagers, synonyme de pandémie (En plus de l’alcool et des médocs, il abusait du gel anti-bactérien).
La troisième bonne raison pour laquelle Harold adorait prendre l’avion, la meilleure à ses yeux, c’est qu’il en était le pilote.

(Gaëlliques en plein ciel – 26 février)

J’ai toujours beaucoup apprécié la bouffe pour tous les plaisirs qu’elle procure. Un simple plat de pâtes entre amis, les mariages réunissant des dizaines de convives ivres et heureux ou une soirée resto en amoureux m’ont toujours mis en joie, pour le repas en lui-même mais aussi pour tous ces moments d’échanges et de partage, de fous-rires et de complicité.

La nourriture, c’est le convivial joint à à l’utile et à l’agréable, en quelque sorte. C’est comme avoir le beurre, l’argent du beurre ET le sourire de la crémière.
J’aime toujours autant la bouffe mais les choses ont bien changé depuis la grande famine. Le prochain ami que j’invite à manger c’est lui que je bouffe.
Sans beurre.

(Gaëlliques nourricières – 27 février)

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(Gllqs cnsnns – 28 fvrr)

Pour vivre heureux, le vieil ermite avait trouvé la solution : toute l’année il restait à l’écart des gens, tirant sa subsistance du braconnage, de la cueillette et du troc, et ne descendait au village que le 29 février, qui était le jour de son anniversaire.

Un entrefilet lui était d’ailleurs consacré à cette occasion dans le canard local. Tous les villageois aidaient la célébrité à souffler sa bougie, un énorme cierge financé par le journal, flanqué cette année d’un 24 autocollant.S’ensuivaient le discours du maire et la photo. On lui offrait son cadeau, de la nourriture, un pull, une couverture. Ils trinquaient alors au champagne et lui tapaient doucement dans le dos, avec tendresse. Tous s’accordaient à affirmer au journaliste que le vieil homme était « un peu excentrique mais très gentil » et lui disaient en rigolant qu »il ne faisait pas son quart de siècle.
Lui se prêtait au jeu en souriant candidement des dents qui lui restaient. Il n’en avait cure. Il ne verrait sans doute plus ces gens avant son prochain anniversaire.
Et avec cette nouvelle bougie, il allait pouvoir éclairer sa modeste grotte jusque là

(Gaëlliques rupestres – 29 février)

Masque chirurgical et gel désinfectant
Affolement, panique au moindre éternuement
Restez chez vous, mortels et enfilez des gants
Saluons confinés le retour du printemps

(Gaëlliques contagieuses – 1er mars)

Monsieur Bertier, mon prof de gym adore me faire des blagues. Il se cache dans le couloir des vestiaires et crie « Bouh » très fort pour me faire peur quand je passe pour aller prendre ma douche. En général ça marche, je suis trouillarde, c’est ce que dit toujours mon papa.

Mercredi, en faisant des grimaces rigolotes le prof m’a suivie jusque sous la douche pour me faire des chatouilles. Même qu’il a tout mouillé ses habits. Mais moi j’ai pas aimé ses chatouilles.
Ce soir c’est moi qui lui fais une blague. Je suis pas allée en cours, j’ai plus envie de faire de la gym, comme j’ai dit tout à l’heure à papa et maman. Là, papa et ses copains sont partis faire des chatouilles à monsieur Bertier sous la douche à ma place pour lui dire au revoir.
Papa aussi aime faire des blagues.
Je crois que je vais me mettre à la boxe, comme lui.

(Gaëlliques chatouilleuses – 2 mars)

Escaladez les pentes d’Olympus Mons
Explorez les canyons de Valles Marineri
Changez de vie, changez de planète
Mars vous attend
Trajet en cabine individuelle
Habitat en module autonome
Enchères publiques
Payez – Embarquez
Seulement 100 places
Le valez-vous vraiment ?

PROJET MARS NO RETURN – NASA
Mars, Parce que la Terre est foutue

(Gaëlliques migratoires – 03 mars)



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