An Vingt, septain seizième

Confiné depuis un mois à l’hôtel du Chamois d’or, en bas des pistes de cette station de sports d’hiver réputée mais pour l’heure dépourvue de neige et de vacanciers, il enchaînait matin midi et soir raclettes, fondues et tartiflettes, et se prenait de plus en plus souvent à rêver d’une bonne, d’une simple ratatouille.

(Gaëlliques légumineuses – 15 avril)

J’avais inventé le robot parfait, capable de faire la vaisselle, laver le linge, faire le ménage, les courses et d’aider les enfants à faire leurs devoirs. Tout se déroulait sans la moindre anicroche, jusqu’à ce que, subtil hommage, je décide de l’affubler du visage de ma femme.

(Gaëlliques d’intérieur- 16 avril)

Ça faisait un moment que je n ‘entendais plus les enfants, suffisamment longtemps pour me dire que ce silence suspect cachait quelque chose de louche, quand je vis soudain passer à toute allure dans la rue en pente Rominou, le chat des voisins, les quatre pattes engoncées dans une paire de rollers, les oreilles en arrière en signe de mécontentement, une ribambelle de boîtes de conserve attachées à sa queue hérissée, suivi de très près par les garnements hilares.
Ils auraient au moins pu lui mettre un casque !

(Gaëlliques à roulettes – 17 avril)

Les enfants du confinement rêvent
Qu’ils s’embrassent
Enfin sans leurs masques

(Gaëlliques déconfinées – 18 avril)

Ô, Toi, mon canapé
Adoré,
Jamais je ne t’ai trempé.
Je te le promets.
Ou peut-être
Juste une fois,
Mais ça ne compte pas,
C’était un accident
J’étais bourré.
Je te jure
Qu’elle n’était rien
pour moi,
Cette bière…
D’ailleurs
J’ai mis son cadavre
Dans la remise,
Avec les autres
Et je n’y ai plus jamais pensé.

(Gaëlliques sur canapé – 19 avril)

Naguère en terre d’Israël
Par un beau matin de juillet
Une mine anti-personnel
S’éprit de la paire de souliers
Que chaussait un jeune rebelle
Sorti sans trop se méfier
Afin de retrouver sa belle
Sous les feuilles d’un olivier.
Tout en rêvant d’amours charnelles
De lèvres roses à mordiller
En imaginant sa gazelle,
Il n’arrêtait de trépigner.

Mais hélas la vie est cruelle,
La mine, se sentant dédaignée,
Son courroux fit des étincelles
Et jalouse, elle prit son pied.

(Gaëlliques unipédistes – 20 avril)

Le mois de mai sera aussi oubliable que le mois d’avril fut mémorable. Ou vice versa, je ne sais plus. Enfin, pas encore. Je vous dirai ça en juin. Peut-être.

(Gaëlliques mémorielles – 21 avril)



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