Violation de sépulture

La lune était pleine et la nuit déjà bien avancée. La voiture de Police se gara devant l’entrée du cimetière dans lequel tant de célébrités reposaient pour l’éternité, en ayant fini des vicissitudes de ce monde.

En apparence…

Le vieux gardien fit pénétrer les agents à l’intérieur de la petite maison.

-          Bien entendu je vous ai appelés dès que je l’ai trouvé. L’était pas là lors de ma dernière ronde y a deux heures. Avec tout ce qu’il se passe en ce moment … J’ai essayé de m’approcher, mais il grogne et il bave, et pis il a essayé de me mordre, l’animal…

 

-          Ne vous inquiétez pas, on prend la suite. Veuillez juste nous conduire sur les lieux de… du…

Les  quatre agents traversèrent le cimetière en silence, marchant religieusement à la suite du gardien, passant devant des sépultures dont les noms des occupants ne leur évoquaient rien, à part pour certains une rue ou le titre d’une vieille chanson. Ils allumèrent leurs lampes-torches.

A un croisement, ils commencèrent à entendre les grognements, entrecoupés de petits cris aigus et de reniflements. Cela évoquait un sanglier, mais en plein Père Lachaise, on n’en avait pas vus depuis plus d’un siècle.

- Restez en arrière, ordonna un des policiers au gardien.

Celui-ci ne se le fit pas dire deux fois et recula même de quelques mètres. Avisant sa pelle posée contre une brouette, il s’en empara et la brandit devant lui, inquiet.

Les agents avancèrent prudemment. Un homme nu, accroupi devant une sépulture, leur tournait le dos.

Arc-bouté contre la tombe, il la cramponnait des deux mains, oscillant frénétiquement du bassin dans une parodie d’acte sexuel. Ses vêtements avaient été jetés çà et là dans l’allée.

Les borborygmes entendus plus tôt étaient en fait des mots inarticulés, difficilement reconnaissables. Il les répétait en boucle, à voix basse.

Les agents avancèrent plus près, presque à le toucher.

  – C’est la tombe d’Ambroise Croizat, chuchota le gardien au jeune policier resté à côté de lui.

Ce dernier acquiesça, bien qu’il ne vît pas de quel chanteur il s’agissait. Lui écoutait du rap. Aucun flow dans la musique de vieux…

Les mots que prononçait l’homme étaient maintenant nettement plus audibles.  Il avait perçu la présence des policiers dans son dos. Par précaution ils sortirent leurs tasers.

  – Tiens, la Sécu, tiens les retraites, tiens les hôpitaux, tiens les chemins de fer, tiens les enseignants, tiens les fonctionnaires, tiens les flics, tiens l…

Le policier le plus proche lui mit la main sur l’épaule, ce qui déclencha chez l’individu un rugissement de colère. Il se retourna brusquement, dévoilant un faciès grimaçant, parcouru de tics nerveux. La bave aux lèvres, les yeux emplis de haine roulant dans leurs orbites, les poings serrés, il exposait aux regards des agents et du gardien horrifiés l’obscène objet sanguinolent de son pouvoir, meurtri à force de frotter contre la pierre.

  – J’AI PAS FINI ! hurla-t-il.

Le policier, sur ses gardes, avait fait un pas en arrière et levé son taser, par précaution.

  – Je sais, monsieur Macron, mais il faut y aller maintenant… Votre femme Brigitte va s’inquiéter…



Des caisses pour papoter

Des caisses pour papoter…

Y avait ça quand j’étais môme (donc jusqu’au début des années 80) ça s’appelait, attendez que je me souvienne… une épicerie. Y en avait plein dans la ville, une dans chaque quartier. Même que l’épicier dans celle de ma rue me laissait parfois faire la caisse quand il partait pisser, s’il n’y avait pas trop de clients. Il savait que le temps qu’il revienne la petite vieille qui hantait les allées n’aurait pas fini de me raconter sa vie ou de me demander la mienne et qu’il pourrait s’occuper de l’encaisser (après avoir entendu à son tour ce qu’elle venait de me dire). Y avait une quincaillerie aussi, un marchand de journaux, des bars, deux coiffeurs, trois boulangeries, un réparateur de vélos et une boucherie, et… dans ma rue y avait même, dans les caves d’un immeuble accessibles depuis le trottoir par une pente raide, un grossiste en olives et épices. J’ai passé des heures à la sortie de l’école entre des tonneaux plus hauts que moi chargés d’olives jusqu’au bord, à m’enivrer d’odeurs exotiques et à discuter avec le vieux monsieur en blouse bleue qui les vendait. Cela peut expliquer en partie pourquoi je ne rentrais pas tout de suite chez moi pour faire mes devoirs… en y repensant ma grand-mère devait carrément venir m’en arracher en me tirant par la main… Ah, et en face il y avait un atelier de confection de bijoux, juste à l’angle de la rue.

Aujourd’hui dans le quartier restent deux coiffeurs pour vieux, un bureau de tabac, un pizzaiolo en livraison et des façades muettes. Une salle de fitness-yoga-remise-en-forme a remplacé l’atelier à la fenêtre duquel je me perchais pour discuter avec les ouvrières qui polissaient les pierres précieuses, sertissaient les bagues.
Les enfants aujourd’hui rentrent directement, font leurs devoirs vite et à contrecœur et s’enfouissent avec leur ennui sous des gigabits d’images lénifiantes, les vieux hantent les allées des supermarchés, poussant leurs caddies, puis une fois chez eux ils s’affalent avec leur solitude devant une télé qui parle pour eux et s’éteignent en grésillant comme les ampoules à filament usées de réverbères antédiluviens ..
Ah et sinon quant à l’article ci-dessus, ça ne se passe pas en France…

- Bonjour, c’est à qui ?



Cinq ans, cent lecteurs…

LPOVS 100 ex

 

Au bout de cinq ans d’existence aux éditions Zonaires et après cent exemplaires dispersés aux quatre vents dans les salons du livre et ailleurs, mon étrange petit oiseau, mon premier livre « rien qu’à moi » (et à vous aussi un peu maintenant), cesse de battre des ailes. Merci à Patrick L’Écolier pour sa confiance pendant ce beau voyage ! Et un énorme merci à tous ceux d’entre vous qui l’ont accueilli  dans les rayons de leur bibliothèque et en ont apprécié la lecture !

Il entre en hibernation pour un temps indéterminé, avant, qui sait, d’éclore à nouveau, tel le Phénix, et s’élancer d’un autre nid…

A SUIVRE…

Vous retrouverez bientôt ma plume acide, je l’espère, dans un prochain recueil plein de textes farfelus et flippants à souhait comme j’aime en écrire.
En attendant ?
Ma novella intitulée Jeux de dopes est toujours disponible chez ce même éditeur, et poursuit son tour de France (à vélo)…
http://www.zonaires.com/?p=1218
et vous trouverez les liens vers mes autres livres ici : https://www.facebook.com/LantreduVieufou/
et ici :
http://vieufou.unblog.fr/
A très bientôt !



La femme est

« La femme est l’avenir de l’homme disait Aragon, elle en est parfois sa fin dit F. Gaillard.

Tour à tour, dangereuses, charmeuses, manipulatrices, désenchantées ou blessées, les femmes que vous rencontrerez dans ces pages ne vous laisseront pas indifférent. Frédéric gaillard nous offre ici un recueil, certes teinté de fantastique, mais qui rend au travers de ses lignes, un hommage bien réel à la puissance féminine. Un ensemble de nouvelles de grande qualité qui se déguste avec bonheur (parsemé de quelques frissons) et montre encore une fois la qualité d’un auteur pas assez reconnu…

À dévorer! »

Youpi ! Mama Zone vient d’afficher un quatrième commentaire pour mon recueil « Infemmes et sangsuelles » depuis sa sortie en 2016 !
au classement ça le met à la 1.079.917e place dans la catégorie Livres, n°7435 dans Fantastique et Terreur, n°99900 dans Personnages scientifiques (???) et n°17341 dans Science-Fiction (!!!)…
c’est vous dire si pour moi, ça marche du feu de Satan ! 
Bon en même temps ils le proposent neuf à son prix de vente réel (17 Brouzoufs), mais avec seulement 33 euros de fdp (oui ça veut aussi dire frais de port pour nous les yeuvs) – ce qui le fait à 50 balles – ainsi que d’occase « à partir de » 31 Brouzoufs 84 (sur lesquels, petit rappel, moi, l’auteur, je toucherai environ un brouzouf vingt ou trente par livre vendu). 
Donc je ne m’étonne pas de pas en vendre des masses. Ni même des marteaux.
Merci quand même à Pierre Celka, qui intègre le cercle très fermé de ceux qui ont lu tous mes livres, pour cette critique enthousiaste de mon livre (et celles de mes autres bouquins notamment sur Babelio).
Et pensez aussi à lire Pierre Celka et son excellent (et inquiétant) Talion, paru chez RroyzZ Editions - oui parce qu’il ne fait pas que lire mes livres et les chroniquer, il écrit aussi des trucs flippants comme j’aime !



Deux en un

J’ai grandi
dans une chambre
aux lits jumeaux
à me demander
où était l’autre



Partie

Partie.
Sans se retourner.
D’un pas alerte.
Depuis,
Ni coup de fil ni parloir
Pas même une lettre.
Elle n’a pas voulu me voir
Derrière les barreaux
De mon petit lit.

Maintenant
il est mitard
et je crains même
livide
le coup de fil
du rasoir

(peau-haine – bribe – 2019)



Ehpad, Ehpad

Ehpad, Ehpad,
Et pas d’beuh
Que des petits comprimés bleus
Ehpad Ehpad 
Et pas d’fume
par peur que l’on s’y accoutume
Ehpad Ehpad 
Et pas d’joints
les infirmières ne sont pas loin
Ehpad Ehpad
Et pas d’shit
Heureusement y a les visites
Ehpad Ehpad
Et pas d’bière
j’paierai la mienne au cimetière



Néorural

Enfin ! J’ai enfin eu raison de ce fichu coq et de ses bouseux de propriétaires. Dorénavant, plus de réveils en sursaut à 5h30, 5h37, 5h42… J’ai bien fait d’aller en justice, faut les secouer un peu pour qu’ils comprennent, ces paysans. Réglé aussi le problème des bouses de vaches puantes et dégueulasses, et le bruit des tracteurs sous ma fenêtre en permanence. Même la stridence des cigales a disparu, avant d’avoir complètement épuisé ma raison. Quand je pense que le désinsectiseur ne voulait pas se déplacer ! Sans déconner, je n’ai pas loué hors de prix trois semaines dans un pavillon pendant nos vacances dans le Sud-Ouest pour me taper toutes ces nuisances et ces ploucs. Mais ma femme, l’employé municipal, les flics, les juges et les toubibs ont vu de quel bois j’étais fait.

Bon, c’est sûr, ici, Momo hurle à 4h27, 4h32, 4h45 et 5h toutes les nuits dans son sommeil, Jean-Patrick passe ses journées à peindre les murs avec son caca, Paolo se prend pour une mobylette, Stéphane pour une abeille et ils font la course dans les couloirs en projetant de la salive partout. Mais la distribution de médicaments et les repas sont à heures fixes, ma chambre est bien isolée, les infirmiers sont gentils, la télévision est toujours allumée et la salle de séjour a une magnifique vue sur la cour.

Et surtout, je suis débarrassé de ce damné coq.



Belle journée

Il ouvrit sa boîte de déception.
Ce matin, elle était vide.
Ça va être une belle journée,
Se dit-il en refermant les yeux.



L’été je vais à la rivière (peau-haine rafraîchissant)

J’aurais mis deux s à piscine :
on n’y croise jamais de poissons
mais des mycoses et de l’urine
qui, consommées en infusion
te déclarent une guerre intestine
prenant ton cul pour un trou fion
farci de nitroglycérine.

Oui, Pissine est un meilleur nom.



Canicule

il y faisait si chaud
En Canicule du Sud
que je m’y suis draté
pour ne pas y rester



Peau-haine de FIN D’IMMONDE

 

Oui mais si la canicule
est-ce que les consensus ?
et dans ce cas, climatique ?
Crésus m’abrite
ou périclite au Ritz ?
Non, il lui pousse diesel.
Le pauvre va à jeun ?
Tout ça me turlupiine…
En haut,
on s’en branle, ou bas,
de ce combat ?



L’envie d’avoir – 29 mai -

A force de se retourner
dans son cercueil capitonné
il avait fini par creuser
jusqu’à la couche d’à côté
où depuis lors il courtisait
sans penser aux amours passées
à la fortune ou au succès
aux héritages ou aux procès
une jeune autochtone embaumée
qui sentait bon le tiaré
tandis que sa veuve éplorée
toute de charognards cernée
devant la tombe désertée
déversait des larmes à l’idée
de voir son magot s’envoler
et les robes noires lui fredonner
le refrain de Je te promets…

(vers d’actualité…)



Plouf !

Et comme Infemmes et sangsuelles il y a deux ans, De lointains rêvages se contentera du podium.
C’est l’ami Bruno Pochesci qui remporte le prix Masterton avec son premier recueil de nouvelles intitulé L’amour, la mort et le reste, aux éditions Malpertuis

Félicitations Bruno ! on se voit bientôt sur un salon (pas trop loin de la buvette) !

Et vous pouvez toujours trouver De lointains rêvages chez  mon éditeur si la curiosité vous titille, ou auprès de moi si vous voulez uune petite dédicace !

 



De lointains rêvages en finale

Bonjour z’à tous !

Comme pour Infemmes et sangsuelles il y a deux ans, mon recueil « De lointains rêvages« , paru chez Rroyzz éditions, illustré par Vaël Cat et préfacé par Frédéric Livyns, a franchi le premier cap du prix Masterton et se retrouve en finale, face à « L’amour, la mort et le reste« , premier recueil de nouvelles de Bruno Pochesci, et Alexandre Ratel pour « Ainsi vont les morts« .

Joie je suis ! Un grand Merci aux membres du jury !

Je salue mes deux co-voyageurs, et leur souhaite bon vent jusqu’à l’arrivée, 

Sont également en finale dans les autres catégories : 

Romans francophones

  • Edouard Brassey : Anonymeus, Apocalypse, Pygmalion
  • Sarah Buschmann : Sorcière de Chair, Noir d’Absinthe
  • Emmanuel Delporte : Biocide, Otherlands
  • Catherine Dufour : Entends la nuit, L’Atalante
  • Delphine Schmitz : L’Amérique de l’étrange, Séma

Romans étrangers

  • Ezekiel Boone : Eclosion, Actes Sud (traduit par Jérôme Orsoni)
  • Adam Sternbergh : Population 48, Super 8 (traduit par Charles Bonnot)


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