Je suis parce que nous sommes

Je suis parce que nous sommes dans 4 - La malle du Vieufou ubuntu10

Un anthropologue a proposé un jeu aux enfants d’une tribu sud-africaine. Il a mis un panier de fruits près d’un arbre et a dit aux enfants que le premier arrivé gagnait tous les fruits.

Au signal, tous les enfants se sont élancés en même temps …… en se donnant la main !

Puis ils se sont assis ensemble pour profiter de leur récompense.

Lorsque l’anthropologue leur a demandé pourquoi ils avaient agi ainsi alors que l’un d’entre eux aurait pu avoir tous les fruits, ils ont répondu : « Ubuntu. Comment l’un d’entre nous peut-il être heureux si tous les autres sont tristes ? »

Ubuntu, dans la culture Xhosa (Afrique du Sud)  signifie:

« Je suis parce que Nous sommes »



L’oeil de Sauron ?

L'oeil de Sauron ? dans 4 - La malle du Vieufou articl10

Non, un trou coronal à la surface du soleil.
Joli, non ?
Il s’agit d’une zone froide dans l’atmosphère de l’astre, synonyme de perte de matière.
Rien de dangereux (en principe), ce genre de phénomènes est la cause de vents solaires puissants dont les particiules voyagent dans l’espace et vont venir balayer notre planète.
D’ordinaire c’est ce  dérèglement électromagnétique qui crée les si jolies aurores boréales.
Là, ça va juste dérégler les portables, GPS et créer des black-out d’appareils de ce genre dans les deux mois à venir.
Mais que fait Frodon ?



Le 7e continent – c’est parti

Il y a une dizaine d’années, je découvrais avec effroi sur internet l’existence d’un continent constitué de milliards de particules de plastique issues de notre mode de consommation, dérivant au gré des courants océaniques.
Ce phénomène avait été repéré en 1999 par le navigateur Charles Moore, qui avait alerté l’opinion.
L’action de ces courants ramenait les particules, au centre des océans, formant des siphons appelés gyres, au centre desquels se regroupait tous ces déchets.
Ces continents, indétectables par satellite, se rapprochaient plus d’une soupe mixée que d’une surface solide sur laquelle on pouvait poser le pied.
En résultait une pollution sans précédent, à grande échelle, empoisonnant la faune marine de plusieurs manières, et par là même toute notre chaîne alimentaire.
Qui n’a pas vu avec effroi ces photos de cadavres d’oiseaux rejetés par la mer, dont l’estomac était rempli de bouchons de sodas indigérables, les faisant mourir de faim, de ces tortues dont le corps avait grossi à travers ces anneaux de plastique dans lesquels, poussées par la curiosité, elles s’étaient coincées un jour, de phoques ou de dauphins morts d’avoir confondu les appétissantes méduses dont ils faisaient d’habitude bombance avec des sacs en plastique de grandes surfaces ?
Ces continents étant situés en dehors des eaux territoriales, aucun pays n’en fit cas.
La dépollution aurait coûté trop cher, et pas question de limiter la fabrication de ce plastique si pratique.
Quant à éviter le gaspillage, chacun trouvait de bonnes raisons de ne pas y penser.
Les entreprises polluantes payèrent des taxes et obtinrent le droit de continuer à polluer.
On jouait aux 3 petits singes, à la patate chaude pendant que le continent grossissait, que les barquettes, bidons, bâches, bouchons, films, housses, pneus, caisses, bouteilles continuaient de se décomposer, rendant à l’océan toutes les substances chimiques que leur fabrication avait exigé : PCB, dioxine, hydrocarbures et autres….

En 2010, j’eus l’idée d’écrire une nouvelle partant de cette terrible constatation, pour tenter à ma manière de faire quelque chose, de sensibiliser d’autres personnes à ce problème par le biais du fantastique.

L’an dernier, j’entrai en contact avec l’OSL, une organisation qui préparait une mission d’exploration scientifique au cœur de ce continent de déchets.
Je consacrai une partie de mon blog à ce projet, sans en parler directement mais en postant des vidéos et des textes traitant du sujet.
Je leur proposai de publier ma nouvelle sur leur site, ce qu’ils acceptèrent avec enthousiasme.
Un voilier devait lever l’ancre au mois de mai-juin pour se rendre au cœur du continent et y effectuer des prélèvements.
Hélas, à la suite d’avaries matérielles et de soucis de santé d’un membre de l’équipage, la mission fut annulée, à la tristesse de tous.
L’hiver passa.
Pas question de prendre la mer par chaos de force 12 !

Cette année, les beaux jours reviennent, la mission redémarre, et tous espèrent pouvoir la mener à bien.
J’ai repris contact avec les membres de l’expédition, qui ont levé l’ancre ces jours-ci sous le commandement de Patrick Deixonne, membre de la Société des Explorateurs Français.
On peut en suivre la progression sur leur blog.

Ma nouvelle, après de légères corrections, devrait être prochainement lisible sur leur site ainsi que sur mon blog.
Souhaitons-leur bon vent…



J’ai le Pacush Blues – souvenirs de scène

Pièce jouée dans les années 92-93 sur quelques scènes drômoises. Nous avions l’autorisation de Ptiluc lui-même pour adapter son oeuvre (principalement l’album Premières mesures).

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J’avais mis en musique les quelques vers chantés en première page. J’y tenais le rôle du Vieux rat, appuyé sur une canne-allumette de 90 cm de haut, du rat guitariste, et d’un tas d’autres rats-qui-se-font-casser-la-gueule… on a bien rigolé sur les mêlées ouvertes.
on avait fabriqué nos décors immenses, dont une boîte de Coke, une de petits pois, une autre de NIVE-RATS géante, un journal, et quelques autres broutilles. ça et des sacs poubellle éventrés sur scène, des vieux pneus, etc… ça en jetait ! et puis il fallait que ça fasse décharge ! C’était assez trash et bien déjanté ! à l’image de la B.D.



7500 £ pour la mallette anti-vampires

Le kit anti-vampires dont je parlais il y a quelques mois a été vendu aux enchères le 22 juin.
Il a été acheté 7500£ par le Royal Armouries Museum de Leeds (Angleterre).
Il sera exposé au musée  »Clarence Dock » en fin d’année.



BRADBURY LANDING

En l’honneur de Ray Bradbury, mort le 5 juin, la NASA a décidé de nommer le cratère dans lequel a amarsi le 6 août le robot d’exploration Curiosity « Bradbury landing ».

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L »auteur, célèbre pour ses Chroniques martiennes, était un partisan de l’agence spatiale.
« Ses livres nous ont vraiment inspirés », a déclaré Michael Meyer, responsable scientifique du programme d’exploration de Mars à la Nasa. « Les Chroniques martiennes ont inspiré notre curiosité et nous ont ouvert l’esprit à la possibilité d’une forme de vie sur Mars ».

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Lors d’une conférence, l’auteur avait déclaré : « J’espérais que ces derniers jours, alors que nous nous rapprochions de Mars et que la poussière se dissipait, nous verrions plein de Martiens debout avec de grandes pancartes où l’on pourrait lire : Bradbury avait raison ! »  En tout cas il est arrivé sur place deux mois avant eux…



Un kit anti-vampire du 19ème siècle aux enchères

LONDRES — Avis aux phobiques de Dracula: un nécessaire anti-vampire datant de la fin du 19ème siècle, « presque complet et en bon état », sera mis en vente le 22 juin dans le nord de l’Angleterre, a annoncé samedi la maison d’enchères Tennants Auctioneers.
Le lot est constitué d’une mallette en acajou contenant un pistolet, des pieux, un marteau, un chapelet, un livre de prières datant de 1857 et un crucifix.
L’ensemble du kit est « postérieur à la publication du célèbre roman Dracula par Bram Stoker (en 1897), qui a popularisé le personnage du vampire et a sans doute lancé la mode des kits anti-vampires », selon la maison d’enchères.
Il sera mis en vente dans le Yorkshire (nord de l’Angleterre) et sa valeur est estimée entre 1.500 et 2.000 livres (entre 1.800 et 2.400 euros).
Copyright © 2012 AFP. Tous droits réservés.



La maison des papillons bleus

La maison des papillons bleus, ou le droit aux vacances pour tous

La maison des papillons bleus dans 4 - La malle du Vieufou logo10

Bon, je ne dis pas ça (que) parce que ce sont des amis, mais si vous avez envie (besoin) de vous détendre, de vous dépayser, de soleil, d’espace et de convivialité, et si vous passez dans la Drôme des collines, faites une halte à la maison des Papillons bleus.
Karine et Jean-Luc vous accueilleront, et le mot est faible, dans leur maison. Un mélange de styles entre la bâtisse principale, une ancienne ferme de pays de la fin du XIXème siècle, et l’extension en ossature bois destinée à l’accueil des hôtes, réalisée en « auto-construction », labellisée « 3 épis » au guide des gîtes de France.

L’ancienne étable restaurée, a été aménagée en salle à manger mêlant pierres de taille et « molasse » du pays.

L’association du bois et de la pierre donne à la maison son charme et un côté intemporel.

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Dans un cadre verdoyant, au milieu des abricotiers et des chênes truffiers, le domaine propose également des séjours en yourte mongole (une « duo » et une « tribu »), ainsi que des chambres à thèmes, inspirées des différents voyages de nos charmants hôtes.
Retrouvez-vous au Mexique, dans la Médina marocaine ou sous une paillote de l’océan pacifique. Il se peut même que le petit déjeuner vous soit servi en paréo. Bon, ça, c’est à négocier avec Karine, je m’avance sans doute un petit peu mais vous aurez peut-être au moins le collier de fleurs de bienvenue. (Karine, va falloir que t’assures!)
Leur table se compose de produits du terroir et de saison, faisant travailler les producteurs locaux, pour nous présenter des plats traditionnels.

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(bon, là, y en a pas sur la photo…)

Des séjours à thèmes sont également proposés tout au long de l’année.

« Les amis de la Maison des Papillons bleus« , c’est une association défendant une vision humaniste et sociale du tourisme. Accueil de familles, de groupes (pris en charge ou non par des associations sociales ou médico-sociales) et /ou individuel.


L’origine du projet « Les amis de la Maison des Papillons bleus », c’est avant tout :

- La résultante de parcours personnels et professionnels ayant conduit les « membres fondateurs » à envisager la « relation d’aide » différemment de celle proposée en milieu institutionnel (immersion dans un milieu naturel, apprentissage ou réapprentissage des savoirs fondamentaux à travers différentes activités…),

- La conviction des bienfaits de l’Environnement (au sens littéral du terme : nature, alimentation, réapprentissage des rythmes de vie…) sur les processus de « rupture » et de « reconstruction »,

  • Le désir de mettre des aspirations personnelles et professionnelles au service de besoins identifiés localement en terme de «prise en charge originale» de ces publics dits «en marge».


Si vous voulez contempler le vol des lucanes dans le soleil couchant, venez aux « Papillons Bleus » au mois de juillet. Mais c’est ouvert toute l’année et il y a des tas de choses à faire et à voir dans notre Drôme des collines…

Et puis, l’ai-je déjà dit ? Les hôtes sont charmants et vous reçoivent à bras le cœur.

Une adresse,

Karine Menard et Jean-Luc Thiney – La maison des Papillons Bleus

Quartier les Pierrelles – 26260 BREN

04 75 45 16 04

@: papillonsbleus.jlktm@hotmail.fr

(accessible aux personnes à mobilité réduite)



Wattoo-Wattoo est mort

(radotages d’un Vieufou)

Wattoo-Wattoo est mort dans 4 - La malle du Vieufou wattoo10

 J’ai grandi avec wattoo wattoo. Dans mon esprit d’enfant, dès qu’un (sale) type jetait ne serait-ce qu’un papier gras, une créature de l’espace, mi-oiseau, mi-poisson, aux formes et aux couleurs bizarres, arrivait du ciel en sifflotant pour jeter l’objet du délit dans la poubelle la plus proche. Et grondait très sévèrement le vilain pollueur pour l’empêcher de recommencer. Ça marchait du tonnerre et le soleil brillait à nouveau dans l’univers, les oiseaux chantaient, les enfants riaient, les poissons bullaient. Et je me sentais heureux. Des fois, dans la télé, survenait une catastrophe gigantesque. Alors, le wattoo appelait des dizaines, des centaines de ses congénères, qui s’unissaient pour solutionner le problème, « à la wattoo ». Puis ils plongeaient dans l’océan, après un chant de victoire, y prenaient leur élan et repartaient dans les étoiles, toujours en sifflotant, jusqu’à la prochaine alerte. Alors, en éteignant le poste je me disais qu’on pouvait faire pareil : s’unir et sauver notre futur.
Du coup, moi aussi je faisais l’effort de bien jeter les ordures à la poubelle, et quand je croisais un endroit envahi de déchets, j’avais honte. Du moins au début. Ça s’appelait, sans en avoir l’air, avoir une conscience. Écologiste. Citoyenne. Et moi, enfant je trouvais ça normal, et j’avais l’impression d’être quelqu’un de bien. Au début.

En ce temps-là, on avait encore certains automatismes. La viande, les fruits et les légumes étaient emballés dans du papier qui finissait dans le poêle, on ramenait les bouteilles dans leurs casiers chez l’épicier du coin, qui nous rendait la consigne. Avec l’argent de la consigne on pouvait même se payer des bonbons. À l’approche de Noël, on passait des heures en famille, à se fabriquer des souvenirs, des cadeaux faits avec trois bouts de ficelle, du carton et de la peinture, qu’on s’offrait ensuite devant le sapin décoré des guirlandes et des petits personnages eux aussi faits main. Les heures (-euses) passées à entortiller des pelotes de laine sur un anneau découpé dans du carton pour fabriquer des pompons, je m’en souviens avec délices. On scrapbookait déjà sans le savoir, à peu de frais. En pique-nique, on emmenait de vraies assiettes et de vrais couverts qu’on lavait ensuite, de retour à la maison. Mon grand-père achetait le vin en bonbonne, dans une coopérative, et il remplissait lui-même ses bouteilles pour la saison, dans la fraîcheur de la cave. Je le regardais faire, un peu écœuré par l’odeur du vin à peine sorti de la cuve mais ravi de partager ce moment avec lui. Il les bouchait à la main, avec des bouchons de liège qu’il avait faits tremper dans une bassine d’eau tiède, et qu’il réutilisait d’une année sur l’autre, si le tire-bouchons ne les avait pas abîmés entre temps. Les jus de fruits, les compotes, les soupes, étaient faits maison à partir de vrais fruits et légumes pressés, la purée avec des patates et du lait.

Puis est arrivée la société de (sur)consommation, l’ère du vite fait, du thermoformé, du cellophané, du jetable. Les supermarchés. Les bimbeloteries. Des objets de pacotille, fabriqués en série dans des pays trop pauvres pour en consommer eux-même, et qu’on pouvait se permettre de leur payer à bas prix. On retrouva quantité de ces inutiles items dans des gadgeteries, immenses supermarchés du superflu, qui devinrent bientôt le lieu de promenade (de pèlerinage, ai-je failli écrire) familial préféré du peuple fatigué, qui n’avait plus en fin de semaine que l’énergie nécessaire à consommer. Et l’on put désormais décorer son salon d’un éventail ou d’un taureau sans avoir jamais vu la Camargue. Tous les salons finirent par se ressembler, non seulement par ce qu’ils avaient en commun, mais par ce qu’ils avaient perdu de singulier : leur âme, leur personnalité.

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On s’offrit ces bibelots, cadeaux impersonnels, à toutes les occasions. Par réflexe, par politesse, presque par obligation. On en reçut dans le même esprit, sans trop y faire attention, pressés qu’on était de leur trouver une place sur la télé (à l’époque où l’on pouvait mettre des bibelots sur les postes de téléviseurs, ces derniers n’étant pas encore croisés avec des raies mantas en pvc), entre la photo du chien et la vierge transparente remplie d’eau bénite, surmontée de son petit bouchon bleu en forme de couronne. Sans parler de la tour Eiffel miniature grossièrement réalisée, qui n’avait plus grand chose à voir avec la vraie sinon par sa forme, très approximative tout de même (vaguement pointue, quoi…), et surtout qui n’était jamais passée par Paris en débarquant de Hong Kong.

Ainsi entrèrent dans nos vies les barquettes, les flacons, les pots, les bouteilles, les bidons, les gobelets, les briques, et une quantité faramineuse de jouets et de gadgets inutiles venant d’Asie, toujours emballés de plus de plastique. Étant donné la vitesse et l’ampleur du phénomène, j’ai fini par ne plus être assez réactif. Pour un que je jetais à la poubelle, cent, mille autres détritus échappaient à ma vigilance, fabriqués et oubliés aussitôt par des industriels qui ne possédaient pas de tels scrupules.

On mettait autour d’un litre d’eau une bouteille de plastique ou une brique de carton doublé d’alu puis encore un emballage plastifié pour tenir les 6 ensemble, puis le sac aux armes du supermarché pour porter le tout. Des sacs nombreux et résistants, pour faire le trajet du grand magasin à son domicile en charriant les courses de la semaine, puisqu’on ne pouvait plus faire ses achats près de chez soi, à pieds, avec un panier de corde tressée ou un cabas à roulettes, les épiceries de quartier appartenant désormais au passé, avalées, broyées par le système.

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Et l’on vit aux abords des décharges des arbres ornés même en hiver de curieuses feuilles diaphanes, claquant aux quatre vents, qui finissaient par s’envoler pour aller tourbillonner dans les champs ou les rues des villes alentours. Et dans les mers, des méduses artificielles, non urticantes mais cancérigènes, frappées du sceau publicitaire des fleurons de notre « grande distribution » irréfléchie, irraisonnée.

Moi, en grandissant,, j’ai fait comme tout le monde, j’ai abandonné la lutte, me disant qu’il y aurait bien quelque part un wattoo wattoo qui règlerait le problème.

Le tri n’existait pas encore.
Il arriva plus tard, et encore, pas partout, et pas pour tous les déchets produits par l’homme. Et seulement dans les pays où le niveau de vie permettait de s’en soucier. Vu le coût de l’affaire… les pauvres paysans au bord de la famine avaient d’autres chats à fouetter (à manger, ai-je encore failli écrire) qu’à penser au recyclage. Ils survivaient leur vie de misère, des sandales de corde aux pieds, de l’eau à peine potable au puits, et n’avaient pas connaissance de l’existence des dernières Adadas…

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On s’est tous dit un jour qu’il fallait faire un effort sur la question de l’environnement et de la gestion de nos déchets, inverser le processus, arrêter de jouer aux trois petits singes. Mais on n’a fait que se le dire, chacun dans son coin, en continuant d’acheter nos breloques futiles et superflues, laides et encombrantes, ces objets polluants qui comblaient dans nos maisons le vide laissé par nos aïeux, ces empêcheurs de laisser traîner des saletés en rond, qu’on avait fini par placer dans des maisons de retraite pour ne plus les entendre débiter ces discours moralisateurs dont ils étaient friands et qui finissaient tous par« on vous aura prévenus ».

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Peu de wattoos virent le jour pour nous aider à trouver un remède. Ça et là, sans réelle concertation mondiale, déjà vaincus face à des forces occult€$ bien plus puissantes, se créèrent des organismes de défense de la nature, des partis écologistes. On parla beaucoup biodiversité, recyclage, production et consommation raisonnées, utiles… on parla beaucoup, en fait. Les industries, elles, ne firent pas de pause pendant qu’on réfléchissait à tout ça, et pas grand cas du problème, étant autorisées à conserver le droit de polluer contre monnaie sonnante et trébuchante. Et elles en avaient, de la monnaie, à force de vendre ces millliards de faux rêves de plastique. La tentative de wattooisation de l’espèce humaine ne fit pas long feu face à sa marchandisation.

Wattoo wattoo est mort. Lors de son ultime plongeon dans l’océan, il s’est empêtré dans la bâche plastifiée d’une piscine privée, qui s’était envolée un jour de grand vent pour aller s’échouer des kilomètres plus loin, au large, tant et si bien qu’il s’est étouffé dans ce linceul polypropylénique en se débattant sans pouvoir appeler les autres wattoos à l’aide. En disséquant son cadavre on a retrouvé des bouchons multicolores. Mais pas le secret de son chant si apaisant. Ni celui du temps où les oiseaux et les baleines vivaient en harmonie avec nous. Son chant mélodieux est resté coincé dans sa gorge, entre une capsule de soda et quelques briques multicolores d’un jeu de construction en plastique. Et un sifflet aux couleurs vives, au son fêlé, dans lequel ses congénères ne reconnurent pas sa voix quand il essaya de les avertir.

Mais je radote.. ça fait peut-être un peu nostalgique, un peu « moi, de mon temps, c’était mieux » ou « Je vous parle d’un temps que les moins de … »

Bientôt sans doute, mes petits-enfants me le feront remarquer, amusés, agacés peut-être, presque comme un reproche :« Tu radotes, Vieufou, ( je leur autoriserai ça, et Grand-père. Surtout pas pépé ou papi… ) c’est fini depuis longtemps, cette époque… » avant de retourner jouer, blasés, avec leurs jouets chinois thermoformés, sans âme, identiques à des milliards d’autres. C’est que le processus n’aura pas pu être enrayé.

J’espère qu’un jour pourtant, quand ils raconteront à leurs petits-enfants le Continent de bidons, le gaspillage, la pollution, ceux-ci pourront leur faire la même réponse, avant de retourner jouer avec des branches et des cailloux, des feuilles et des crayons, leur imagination et leurs dix doigts enfin retrouvés.



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