Gaëlliques An vingt, septain quatrième

- Maintenant, monsieur Gaillard, fermez les yeux et donnez-moi sans réfléchir cinq mots qui vous font du bien !

- Tronçonneuse, hache, scie, broyeur.

- Cela en fait seulement quatre ! Sortez m’en un cinquième !

Quand j’ai tiré la machette de mon grand sac de sport, le psy a blêmi en émettant un couinement bizarre. Quelques secondes plus tard, enfin silencieux, il rougissait abondamment.

(Gaëlliques psychopathiques – 22 janvier)

La plèbe les conspue, tous ces tyranneaux claudes

Qui d’un Dieu tout puissant se croient coéternels

Et devant leurs vassaux se proclament indigètes.

Ils lui imposent en masse des édits frustratoires

Sous le joug armuré de forces stipendiaires

Pour mieux masquer aux yeux du peuple fragmenté

La vaste étendue de leur vide sincipital

(Gaëlliques surannées – 23 janvier)

- Allez, mon lapin, ratisse-toi la soupière, va troubler le miroir et au lit !

- Mais, maman je me la suis déjà ratissée ce matin !..

- Deux fois par jour a dit le gingiviste, sinon tu vas choper des carottes !

(Gaëlliques orthodontistes – 24 janvier)

- Oh, dis-donc, Sabrina, ma chérie, ta maison est impeccable ! Pas un gramme de poussière, tout est si… propre et si bien rangé ! Comment tu fais ? Moi je m’en sors pas ! T’as pris une domestique ?
- Non, trop cher !
- Allez, c’est quoi, ton secret ? Tu peux bien le dire à ta meilleure amie !
- Oh, y a pas de secret, tu sais !
- Allez, arrête de me charrier, t’as fait quoi ? T’as frotté une lampe et invoqué un génie ?
- Non, bien plus simple et plus efficace !
- Quoi, une formule magique ? Allez, raconte !
- Oui, c’est ça, en quelque sorte !
- Et c’est quoi la formule ?
- Des bras, que des bras !

(Gaëlliques d’intérieur – 25 janvier)

Vingt-six avait toujours été le nombre fétiche de Jan-Kristjan Blaszczykowskzi. Sa date de naissance, le nombre de lettres dans son nom imprononçable, le numéro de son appartement, celui de son département. Aussi ne fut-il pas surpris de remporter le super loto de 26 millions le jour même de ses 26 ans. Et n’eut pas le loisir de s’étonner quand, en essayant de rattraper le ticket gagnant qu’il venait malencontreusement de laisser tomber sur la chaussée alors qu’il se rendait au lieu de l’encaissement, il fut mortellement percuté par l’autobus de la ligne vingt-six.

(Gaëlliques martingalesques – 26 janvier)

- Trois côtes cassées, un poignet démis, un traumatisme crânien, et tout ça en dormant, mais comment donc avez-vous fait votre compte, monsieur le commissaire ?
- Que voulez-vous, docteur, j’étais dans de beaux draps. Je poursuivais un  rêve et il a résisté à son arrestation !

(Gaëlliques policières – 27 janvier)

« Vous êtes sur le répondeur du Président des Etats-Unis. Ceci est un message enregistré. Je ne suis pas disponible pour le moment. Mon Gouvernement et moi-même sommes en sécurité dans un bunker souterrain. Nous préparons une riposte massive à l’invasion. Si vous êtes un humain, laissez-moi un message après le Boum. Si vous êtes un de ces fucking aliens, kiss my ass ! »
Dans le bureau ovale de la Maison Blanche, l’ambassadeur martien au cou démesuré clignota un ordre :
- Trouvez-moi ce bunker !
Il appuya sur la touche EFFACER du répondeur.
L’explosion pulvérisa la Maison Blanche ainsi que le vaisseau alien en suspension juste au-dessus, mettant instantanément fin à l’invasion des girafes de Mars.

(Gaëlliques martiennes – 28 janvier)



Gaëlliques An vingt, troisième septain

Foliculteur, trice : n. Personne dont l’activité professionnelle consiste à semer des graines de folie dans les jardins secrets des tristes sires. (syn. embellificoteur)

(Gaëlliques thérapeutiques – 15 janvier)

Assis sur la scène, la tête dans les mains, le Grand Angelo Garibaldi repensait à sa vie, dont la moitié passée en compagnie de Silvia, sa muse, son soleil.
Il revoyait leurs débuts dans ce petit cirque, il y a vingt ans, avec un numéro de prestidigitation qui remplissait à peine la moitié du chapiteau, et leurs ébats quotidiens dans la sciure à la moitié du spectacle, dissimulés sous les gradins.
Les années avaient passé, leur public avait crû mais Angelo, lui, n’y croyait plus. La magie s’était envolée le mois dernier, le jour où il avait surpris sa moitié dans les bras de Haalf, l’homme-tronc. Fou de douleur, il s’était alors jeté dans ceux de Marie-Jeanne, la siamoise de la troupe, à moitié plus jeune que sa femme. Mais ça n’avait pas atténué sa peine. Puis, un jour de la semaine dernière, il avait trouvé dans ce magasin d’accessoires de théâtre la solution à son dépit.
Ce soir, assis sur la scène, il contemplait Silvia, Silvia, qui avec les années, était devenue grosse et moche en plus d’être infidèle. Silvia dont les viscères fumantes coulaient maintenant le long des moitiés de la caisse proprement sciée en deux.
C’était donc ça, la beauté intérieure.
Les policiers, arme au poing, firent irruption sur la petite scène. Il entendit leurs injonctions et reposa doucement la tête de Silvia au sol, près de la scie.
Comme il s’y attendait, elle n’avait rien dans le crâne.

(Gaëlliques circassiennes – 16 janvier)

Aujourd’hui, notre spécialiste nature et bien-être vous propose de pratiquer trois activités excellentes pour la santé et peu onéreuses en une seule : la cueillette des champignons.

Tout d’abord, quelques kilomètres de marche à pied pour arriver sur le site que vous aurez préalablement choisi, de préférence un paisible bois à l’écart de la civilisation, commenceront à vous faire oublier les soucis quotidiens.
Ensuite, pratiquer une longue séance de méditation, assis en tailleur sur la mousse du sous-bois, nu et aussi immobile que possible, vous aidera à retrouver calme et sérénité en abaissant votre rythme cardiaque.
Enfin, une fois cet exercice terminé, vous pourrez vous adonner avec ravissement à la cueillette des cèpes et autres coulemelles qui auront poussé sur votre corps pendant la séance et les déguster en famille une fois de retour à votre domicile.
Eviter cependant les espaces interdigitaux et pubiques nécessitant plutôt une consultation chez un dermato ou un gynécologue.

(Gaëlliques mycologiques – 17 janvier)

AVIS AUX LOCATAIRES DE LA RÉSIDENCE GAI SOLEIL

Ça commence à bien faire !
Mme Martin, (Bloc B, 3e étage, Appt. 32) a retrouvé hier matin en sortant les ordures un bras gauche dans la poubelle bleue.
Ce n’est pas la première fois que cela se produit. La semaine dernière monsieur Durand (Bloc C, 1er étage, Appt. 14) avait déjà trouvé un pied, cette fois jeté dans la poubelle jaune.

RAPPEL A TOUS LES RÉSIDENTS

Les papiers, cartons, etc. se jettent dans la POUBELLE BLEUE uniquement
Les bouteilles plastiques, boîtes de conserve et briques alimentaires se jettent dans la POUBELLE JAUNE
Les déchets organiques, épluchures, marc de café, membres et autres résidus compostables vont dans le BAC A COMPOST VERT sur le côté du bloc A, entre de l’aire de jeux pour enfants et le boulodrome.

LE RECYCLAGE EST L’AFFAIRE DE TOUS.
Favorisons le bien-vivre ensemble.
Merci,
Le gardien, M. Lopez.

P.S. La montre est à venir récupérer à ma loge, (bloc A, Rdc, Appt. 2)

(Gaëlliques écocitoyennes – 18 janvier)

Au son de la cloche, dociles, conditionnés, nous nous plaçons en file indienne devant le bureau aux vitres blindées. Je saute de mon perchoir et frétille de joie. C’est l’heure de la distribution.
Depuis que je suis devenu un oiseau, pour mon plus grand plaisir, l’infirmière a remplacé mes pilules bleues et rouges par des graines.
Mais je n’aime pas la façon dont Felix, mon nouveau voisin de chambre, me fixe de son œil brillant. En ronronnant bruyamment, il se lèche une main, qu’il passe plusieurs fois derrière son oreille.
Je vais devoir demander au directeur de me changer de nid si je tiens à garder mes plumes. Mais j’ai peur d’un refus, quand je vois comment le directeur le laisse se frotter à ses jambes et lui gratte l’encolure…

(Gaëlliques institutionnelles – 19 janvier)

Ce matin,
c’est le vingt
je voudrais bien
qu’un ange gardien
se mêle enfin
à mon destin
de bohémien

mais il est déjà midi vingt
j’ai encore espéré en vain

(Gaëlliques angéliques – 20 janvier)

Découvrez bientôt en librairie Haspy Ratter, la série romanesque de l’auteur à succès J..K. Rombière :
Tome 1 : Haspy Ratter à l’école des balais
Tome 2 : Haspy Ratter et les moutons de Souslelit
Tome 3 : Haspy Ratter et la chambre mal rangée
Tome 4 : Haspy Ratter et le stylo coincé
Tome 5 : Haspy Ratter et les ordures de Félix
Tome 6 : Haspy Ratter et le tapis de cendres mêlé
Tome 7 : Haspy Ratter et les toiles d’araignées de la mort

(Gaëlliques littéraires – 21 janvier)



Gaëlliques An vingt, septain deuxième

- Coach ?
– Oui, doc, qu’y a-t-il ?
– C’est à propos de Kevin, coach…
– Ah, oui, Kevin. Vous lui avez bien donné le cocktail ? Vitamines A, B, C, D, E…
– Oui, coach, mais…
– Les stéroïdes, les anabolisants et les coupe-faim ?
– Oui, coach, mais…
– Son EPO, les hormones de croissance, les amphétamines ? Le combat commence dans moins de 10 minutes…
– Oui, coach, mais justement…
– Les Diurétiques, les gluco-corticoïdes, les Bêta 2 et aussi le… quoi, mais justement ? Je sens bien que vous essayez de me dire quelque chose, toubib… Accouchez, bon sang…
– C’est que… dix minutes ça va pas suffire pour casser la cloison, coach, avec toute cette masse musculaire, Kevin ne passe plus par la porte du vestiaire !

(Gaëlliques – 8 janvier et quelques pilules)

 

Trop arrosé une teuf ?
Une cuite à tuer un bœuf ?
Quelques gouttes du sang d’un veuf
Pendu sous le pont-neuf
(Pas beaucoup, huit ou neuf…)
Mélangées à un jaune d’œuf
Et vous vous sentirez tout neuf,
Prêt à emballer toutes les meufs..
C’est pas du bluff !

(Gaëlliques éthyliques – 9 janvier 2020)

 

Dix secondes après sa naissance, Jehanne poussait son premier cri
Dix ans après elle se droguait et entendait des voix
Dix heures après sa mort, elle arrêtait enfin de fumer

(Gaëlliques fumeuses – 10 janvier)

 

Obsessionnel besoin
Éphémère passion
Attirante tractation
Ridicule illusion

(Gaëlliques en solde – 11 janvier)

Seule une section de 12 poulets casqués et armurés occupait la petite place quand de toutes les rues attenantes se déversèrent des hordes de filets jaunes surexcités. Très vite pépiements et caquètements furieux se muèrent en salves de battements d’ailes de défense pour finir par de bestiales prises de bec. Ego contre ergot, les deux factions se mirent une volée à grands coups de pilons dans les mandibules, si bien qu’on ne distingua bientôt plus que du jaune sang à travers les nuages de fumigènes. Les dindons de la farce de l’ordre y perdirent quelques plumes mais après dispersion des séditieux filets par les coqs à la solde du couvernement arrivés en renfort qui se rengorgeaient victorieusement et une fois la fumée dissipée, on trouva sous la douzaine de poulets encore traumatisés une douzaine d’œufs fraîchement pondus.

(Gaëlliques à la coque – 12 janvier)

Accordez-moi un livre, un chapitre de plus, une page cornée, une ligne tremblante, un mot, oui, un mot juste, rien qu’une lettre encore, même la goutte d’encre du maudit point final, à lire ou à écrire, de quoi jusqu’à ma mort émerveiller ma vie…

(Gaëlliques de papier – 13 janvier)

Hiver aryen
Aveuglément
Recouvre tout
D’un voile blanc

(Gaëlliques climatiques – 14 janvier)



Gaëlliques An vingt, premier septain

Petits textes de mon c(r)u

issus des jeux d’écriture

du Créalendrier de Gaëlle Pingault

Pour bien commencer l’année
Il ne faut surtout pas négliger
Ses amis de l’année passée
Il ne faut surtout pas lésiner
Sur bonne chère et rince-gosier
Moi je voulais vous souhaiter
de la santé, de la gaieté,
juste ce qu’il faut de pognon,
quelques bons livres à dévorer,
aux artistes l’inspiration
de l’amour sans modération
et deux mille vins sans un bouchon

(Gaëlliques – 1er janvier)

Couché sous un plaqueminier
Qui poussait au bord du sentier,
(un fait dont je suis coutumier),
Ses beaux fruits en guise d’oreiller,
Auprès de Morphée réfugié
Doucement je me momifiais
En me rêvant usufruitier.

Y avait pas de quoi m’excommunier…

(Gaëlliques fruitées – 2 janvier)

En janvier, les jours rallongent, c’est bien connu. Sauf que l’année dernière, le phénomène ne s’est pas inversé au mois de juin, comme depuis l’aube des temps. Une histoire de changement d’axe de la Terre, j’ai pas tout bien compris. Les scientifiques non plus, à dire vrai, qui n’ont rien pu faire pour endiguer le problème. Dans un mois c’est le nouvel an et les nuits ne durent plus qu’une heure, et elles sont de moins en moins noires.
Au nord de l’Equateur, économie, industrie, toute activité humaine est désormais à l’arrêt. On doit se tartiner de crème solaire indice 5000 vingt-trois heures sur vingt-quatre pour ne pas griller, se terrer dans nos caves et peindre nos fenêtres en noir profond, ce qui est très insuffisant pour soigner nos brûlures et nos cancers de la peau.
Quant aux gens de l’autre hémisphère, les habitants des pays dont on pillait encore naguère les richesses minières et pétrolières, ils ne voient plus le soleil qu’une heure par jour. Mais contrairement à nous ils ont su tirer parti de la catastrophe et sont devenus à leur tour de grandes puissances : ce sont eux maintenant qui tiennent les rênes du pouvoir, et pour cause : ils sont les seuls à fabriquer cette crème solaire si indispensable, qu’ils nous vendent à prix d’or.

(Gaëlliques solaires – 3 janvier)

Pour que cette année soit du gâteau
Je vous fouette
mes meilleurs œufs

(Gaëlliques pâtissières - 4 janvier)

Sans aucun complexe, la femme s’était assise sur une chaise blanche, au beau milieu de l’exposition de monochromes du musée du Blanc-Mesnil, entre la toile de Malevitch et celle d’Alphonse Allais intitulée Première communion de jeunes filles chlorotiques par un temps de neige.
Alerté par un col blanc, le gardien l’interpella, d’une voix blanche, en regardant l’oie blanche dans le blanc des yeux :
- Madame, c’est un musée, ici, vous ne pouvez pas allaiter votre enfant comme cela !
De but en blanc, elle répondit en contemplant le mur blanchi à la chaux :
- Pourtant, j’ai un blanc-sein !

(Gaëlliques immaculées, 5 janvier)

Cette année, pour l’Épiphanie, Mémé avait refusé qu’on apporte une galette, prétextant le mauvais goût de celles vendues dans le commerce. Elle préférait la faire elle-même, « à l’ancienne ».
« - Au moins dans la mienne je sais ce qu’il y a ! Tout est naturel ! Pas comme dans ces saletés industrielles pleines d’additifs ! »
On n’a pas regretté, du moins jusqu’à ce que papa, en faisant une grimace qu’il espérait discrète, retire de la part dans laquelle il venait de croquer un long cheveu gris et que Timothée, du haut de ses quatre ans, la bouche encore pleine de frangipane maison, crie « J’ai la fève ! » en brandissant fièrement entre pouce et index la dernière molaire de Mémé…

(Gaëlliques galettiques – 6 janvier)

C’est aujourd’hui le sept
mettez une salopette
partez en trottinette
sur la nationale 7
des slogans plein la tête
lutter pour vos retraites
jusqu’à ce que les cons pètent

(Gaëlliques politiques – 7 janvier)



Violation de sépulture

La lune était pleine et la nuit déjà bien avancée. La voiture de Police se gara devant l’entrée du cimetière dans lequel tant de célébrités reposaient pour l’éternité, en ayant fini des vicissitudes de ce monde.

En apparence…

Le vieux gardien fit pénétrer les agents à l’intérieur de la petite maison.

-          Bien entendu je vous ai appelés dès que je l’ai trouvé. L’était pas là lors de ma dernière ronde y a deux heures. Avec tout ce qu’il se passe en ce moment … J’ai essayé de m’approcher, mais il grogne et il bave, et pis il a essayé de me mordre, l’animal…

 

-          Ne vous inquiétez pas, on prend la suite. Veuillez juste nous conduire sur les lieux de… du…

Les  quatre agents traversèrent le cimetière en silence, marchant religieusement à la suite du gardien, passant devant des sépultures dont les noms des occupants ne leur évoquaient rien, à part pour certains une rue ou le titre d’une vieille chanson. Ils allumèrent leurs lampes-torches.

A un croisement, ils commencèrent à entendre les grognements, entrecoupés de petits cris aigus et de reniflements. Cela évoquait un sanglier, mais en plein Père Lachaise, on n’en avait pas vus depuis plus d’un siècle.

- Restez en arrière, ordonna un des policiers au gardien.

Celui-ci ne se le fit pas dire deux fois et recula même de quelques mètres. Avisant sa pelle posée contre une brouette, il s’en empara et la brandit devant lui, inquiet.

Les agents avancèrent prudemment. Un homme nu, accroupi devant une sépulture, leur tournait le dos.

Arc-bouté contre la tombe, il la cramponnait des deux mains, oscillant frénétiquement du bassin dans une parodie d’acte sexuel. Ses vêtements avaient été jetés çà et là dans l’allée.

Les borborygmes entendus plus tôt étaient en fait des mots inarticulés, difficilement reconnaissables. Il les répétait en boucle, à voix basse.

Les agents avancèrent plus près, presque à le toucher.

  – C’est la tombe d’Ambroise Croizat, chuchota le gardien au jeune policier resté à côté de lui.

Ce dernier acquiesça, bien qu’il ne vît pas de quel chanteur il s’agissait. Lui écoutait du rap. Aucun flow dans la musique de vieux…

Les mots que prononçait l’homme étaient maintenant nettement plus audibles.  Il avait perçu la présence des policiers dans son dos. Par précaution ils sortirent leurs tasers.

  – Tiens, la Sécu, tiens les retraites, tiens les hôpitaux, tiens les chemins de fer, tiens les enseignants, tiens les fonctionnaires, tiens les flics, tiens l…

Le policier le plus proche lui mit la main sur l’épaule, ce qui déclencha chez l’individu un rugissement de colère. Il se retourna brusquement, dévoilant un faciès grimaçant, parcouru de tics nerveux. La bave aux lèvres, les yeux emplis de haine roulant dans leurs orbites, les poings serrés, il exposait aux regards des agents et du gardien horrifiés l’obscène objet sanguinolent de son pouvoir, meurtri à force de frotter contre la pierre.

  – J’AI PAS FINI ! hurla-t-il.

Le policier, sur ses gardes, avait fait un pas en arrière et levé son taser, par précaution.

  – Je sais, monsieur Macron, mais il faut y aller maintenant… Votre femme Brigitte va s’inquiéter…



Des caisses pour papoter

Des caisses pour papoter…

Y avait ça quand j’étais môme (donc jusqu’au début des années 80) ça s’appelait, attendez que je me souvienne… une épicerie. Y en avait plein dans la ville, une dans chaque quartier. Même que l’épicier dans celle de ma rue me laissait parfois faire la caisse quand il partait pisser, s’il n’y avait pas trop de clients. Il savait que le temps qu’il revienne la petite vieille qui hantait les allées n’aurait pas fini de me raconter sa vie ou de me demander la mienne et qu’il pourrait s’occuper de l’encaisser (après avoir entendu à son tour ce qu’elle venait de me dire). Y avait une quincaillerie aussi, un marchand de journaux, des bars, deux coiffeurs, trois boulangeries, un réparateur de vélos et une boucherie, et… dans ma rue y avait même, dans les caves d’un immeuble accessibles depuis le trottoir par une pente raide, un grossiste en olives et épices. J’ai passé des heures à la sortie de l’école entre des tonneaux plus hauts que moi chargés d’olives jusqu’au bord, à m’enivrer d’odeurs exotiques et à discuter avec le vieux monsieur en blouse bleue qui les vendait. Cela peut expliquer en partie pourquoi je ne rentrais pas tout de suite chez moi pour faire mes devoirs… en y repensant ma grand-mère devait carrément venir m’en arracher en me tirant par la main… Ah, et en face il y avait un atelier de confection de bijoux, juste à l’angle de la rue.

Aujourd’hui dans le quartier restent deux coiffeurs pour vieux, un bureau de tabac, un pizzaiolo en livraison et des façades muettes. Une salle de fitness-yoga-remise-en-forme a remplacé l’atelier à la fenêtre duquel je me perchais pour discuter avec les ouvrières qui polissaient les pierres précieuses, sertissaient les bagues.
Les enfants aujourd’hui rentrent directement, font leurs devoirs vite et à contrecœur et s’enfouissent avec leur ennui sous des gigabits d’images lénifiantes, les vieux hantent les allées des supermarchés, poussant leurs caddies, puis une fois chez eux ils s’affalent avec leur solitude devant une télé qui parle pour eux et s’éteignent en grésillant comme les ampoules à filament usées de réverbères antédiluviens ..
Ah et sinon quant à l’article ci-dessus, ça ne se passe pas en France…

- Bonjour, c’est à qui ?



L’arrêt-création des scribouillards, première

Je participais le 20 octobre à la première édition du salon du livre intitulé L’arrêt-création des scribouillards, qui se tenait dans les Terres du Milieu, en Cantal, non loin d’Aurillac, encore plus près de Salers, dans le village de Saint-Illide. L’instigatrice du projet, Céline bourbon, promettait un salon atypique : plein de surprises réservées aux auteurs comme au public. Elle commença très fort en nous dévoilant, trois mois avant le salon, les caricatures de tous les auteurs pressentis, croqués par Le père Lachaize, d’après les photos de nos dossiers d’inscription.

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Croque-vivants, un drôle de métier…

Elle nous allécha avec la promesse d’un flash-mob sur Beat it, de Mickaël Jackson, à répéter chacun dans son coin (pour ceux qui le voulaient, personne n’a été forcé – ni maltraité) avec la chorégraphie fournie… Finit de nous convaincre avec la confection d’adorables pupitres personnalisés à poser sur nos tables le jour J… de badges, marques-pages et T-shirts aux armes de la manifestation.

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elle est pas chouette, ma table, maintenant, avec son encrier personnalisé ?

Le salon se tenait le 20, mais les auteurs furent tous accueillis et hébergés bénévolement dès la veille par les habitants du coin (encore un bon point, ça évite des frais d’hôtel et ça permet de rencontrer des gens bien). Je fis la route avec Franck Wagrez, ancien marin, qui venait présenter Continent, son premier roman.

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Nous affrontâmes la pluie, les petites routes, découvrîmes des coins superbes (ah, le village d’Estaing, son château et ses manoirs) et des vaches rousses avec des cornes super balèzes qu’il était difficile de confondre avec des écureuils, discutâmes pas mal, pour arriver le soir, pile à l’heure de l’apéro, ce qui nous permit de faire connaissance « pour de vrai » avec les joyeux drilles participant à l’aventure, certains d’entre nous ayant déjà pas mal échangé par internet au cours des 3 mois précédents (et pas que des trucs littéraires…).

S’ensuivit dans la bonne humeur un repas succulent, à base de pounti et de truffade, spécialités de la Terre du Milieu, pendant lequel j’échangeai joyeusement avec Isa et Patricia – ce qui me convainquit de lancer sans plus tarder mon blog de correcteur (prévu depuis un moment déjà mais toujours remis à plus tard…) puis chacun regagna sa famille d’accueil pour se reposer avant le lendemain, qui s’annonçait intense. J’étais hébergé par les très accueillants Martine et Gilles, avec un couple d’auteurs venus du nord, Emilie et Cyril.

Dimanche, nous étions à peine installés que le public commençait à arriver en nombre, malgré une météo pluvieuse. Pas mal d’enfants étaient présents, suite à un concours de poésie lancé dans les écoles, occupés pendant une partie du salon au jeu « D’où qu’y vient, l’écrivain » consistant à passer sur les stands avec une carte de France pour demander à chacun son origine géographique. Parce que le salon était ouvert à des auteurs de toute l’Hexagonie ! 

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Le Père Lachaize, croque-vivants, était évidemment présent, réalisant les portraits des membres du public, que l’on pouvait suivre en temps réel sur un écran disposé pour l’occasion. Deux artistes-plieuses nous présentaient également leurs créations, délicates et poétiques.

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Dans la matinée Céline lança le fameux Flash-mob tant redouté mais paradoxalement tant attendu, ce qui mit la pêche à tous, chacun y allant de son interprétation « personnelle » de la chorégraphie fournie (et sans avoir répété ensemble !). Je m’abstins, sciatique et gaucherie obligent, mais j’admirai les prouesses scéniques du facétieux Danino (en kilt au centre) et des autres danseurs.

flashmob

J’étais placé entre Céline, notre mère-poule aux petits soins, et Patricia, sorcière conteuse, que j’avais déjà croisée sur de précédents salons. Ce fut l’occasion de rencontrer des tas d’auteurs super chouettes !

3 complices

Danino Garnault, Isa Cayeré et Patricia Philippe company, avec qui on rigole bien !

Céline et moi

Céline Bourbon, l’énergie et la bonne humeur incarnées

Mais la première était tellement prise par l’organisation que je ne la vis s’asseoir à sa place qu’une dizaine de minutes sur toute la journée (le temps quand même de dédicacer un de ses livres !).

Entre midi et deux, le camion de pizza local fit halte devant la salle des fêtes pour régaler tout ce petit monde. Par malchance ce fut justement à cet instant qu’il se mit à pleuvoir à seaux, compliquant sévèrement le travail de la pauvre pizzaiola… et nous priva de frites, qui finirent trempées. Et mon pan bagnat s’avéra  au final un excellent bacon-burger !

L’après-midi fut enjouée, à l’image de ce salon et de notre maîtresse de cérémonie, proposant des jeux opposant auteurs et membres du public, à l’aide d’un buzzer humain (en la personne de Benoît, auteur qui voulut bien se prêter au jeu….), axés sur la thématique de notre belle langue française : Proverbes à reconstituer, acronymes à réinventer. Les auteurs se montrèrent particulièrement malchanceux et… bref, les membres du public en sortirent le plus souvent vainqueurs et repartirent avec des lots offerts par les organisateurs. 

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Benoît, Toccacieli, notre « human buzzer »

A la moindre éclaircie nous voyions accourir les lecteurs, nullement découragés par ce temps plus qu’humide (Comme quoi, l’argument météo pour justifier de l’absence de visiteurs sur un salon ne tient pas partout !) ! 

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Les enfants lurent devant un public attentif les poèmes qu’ils avaient écrits pour l’occasion; puis Patricia leur proposa, ainsi qu’aux adultes, un conte de sa création, que j’accompagnai de mon mieux d’un fond musical à la guitare. Ils l’écoutèrent, captivés, sursautant à plusieurs reprises au fil du récit. 

conte

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Plus tard, je repris la guitare, chauffé par l’ambiance (et un peu par le génépi amené par Isa, il est vrai) pour proposer un quiz « chansons françaises » qui eut pas mal de succès – et valut sans doute à Benoît une luxation de l’épaule (ce qui ne l’empêcha pas, plus tard, de me dédicacer son livre « On n’abandonne pas un chien sur l’autoroute »). Encore bravo à nos visiteurs, particulièrement doués à cet exercice ! Je terminai l’après-midi coiffé, par une des artistes-plieuses, d’un chapeau confectionné pendant le salon.

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Trois personnes – que j’en profite ici pour remercier à nouveau – repartirent avec mes Infemmes et sangsuelles (Céline, Patricia la conteuse ainsi que mes hôtes Martine et Gilles – ce qui techniquement fait 4, mais je suis nul en maths…), Véronique fut également séduite par mes Jeux de dopes, et une autre Patricia se laissa tenter par un exemplaire des Histoires de loups-garous. Je leur souhaite une bonne et horrifique lecture !

Ce fut enfin, hélas, le temps de se quitter, beaucoup trop tôt à mon goût et non sans émotion (n’est-ce pas, Céline ?), sans oublier d’immortaliser cette joyeuse troupe par une photo groupale (J’en profite pour saluer tous ceux dont je n’ai pas parlé mais qui s’y reconnaîtront). Chaque auteur repartit en prime avec un joli sac en tissu (fait main) et un calendrier 2020 à l’effigie de tous les auteurs du salon (en caricatures).

final

Et en nous promettant déjà un deuxième opus au moins aussi réussi que celui-ci. Il aura lieu (oui, on a déjà arrêté la date !) le 18 octobre 2020 et réserve pas mal d’autres surprises. A suivre de très près, ce petit salon qui a tout d’un grand ! Merci à tous, bénévoles auteurs et visiteurs, pour ces moments qui resteront longtemps dans ma mémoire ! Une belle aventure et une belle réussite !

D’autres photos à voir sur le lien L’arrêt-création des scribouillards, d’où proviennent celles de cet article ! La bise à toustes !



Cinq ans, cent lecteurs…

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Au bout de cinq ans d’existence aux éditions Zonaires et après cent exemplaires dispersés aux quatre vents dans les salons du livre et ailleurs, mon étrange petit oiseau, mon premier livre « rien qu’à moi » (et à vous aussi un peu maintenant), cesse de battre des ailes. Merci à Patrick L’Écolier pour sa confiance pendant ce beau voyage ! Et un énorme merci à tous ceux d’entre vous qui l’ont accueilli  dans les rayons de leur bibliothèque et en ont apprécié la lecture !

Il entre en hibernation pour un temps indéterminé, avant, qui sait, d’éclore à nouveau, tel le Phénix, et s’élancer d’un autre nid…

A SUIVRE…

Vous retrouverez bientôt ma plume acide, je l’espère, dans un prochain recueil plein de textes farfelus et flippants à souhait comme j’aime en écrire.
En attendant ?
Ma novella intitulée Jeux de dopes est toujours disponible chez ce même éditeur, et poursuit son tour de France (à vélo)…
http://www.zonaires.com/?p=1218
et vous trouverez les liens vers mes autres livres ici : https://www.facebook.com/LantreduVieufou/
et ici :
http://vieufou.unblog.fr/
A très bientôt !



Ménétrol Acte V

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Les 28 et 29 septembre avait lieu la 5e édition des désormais incontournables Aventuriales de Ménétrol, en Terres du Milieu, réunissant plus de 150 auteurs de l’imaginaire, des illustrateurs, créateurs de bijoux, etc.

Avec comme chaque année expositions, conférences, tables rondes, ateliers d’écriture, concours de cosplay, démonstrations de combat au sabre-laser par l’Académie des Jedis auvergnats, et cette année une attraction nouvelle : les cartons-ferrands : De doux dingues qui fabriquent et font fabriquer au public enchanté armes et armures en carton tout au long du week-end pour ensuite se foutre sur la gueule avec ! une animation qui a ravi petits et grands. 

Le vendredi soir était consacré à la projection du Rocky Horror Picture Show, séance animée par la troupe des Deadly Stings  à laquelle je n’ai pu assister vu mon heure d’arrivée tardive.  Je fus chaleureusement accueilli par Sandrine,  Thomas et leur petite famille, qui furent mes hôtes pour le week-end (car l’association essaie de caser ses auteurs au maximum chez l’habitant, faisant appel aux bonnes âmes – et il y en a !), ce qui donna lieu à quelques soirées fort conviviales, emplies de discussions et de rires et convenablement arrosées ;) . Merci aussi à Julien et Manon, adorables, de m’avoir si gentiment accueilli chez eux !

Dès le samedi matin je retrouvai l’effervescence du salon, les copains (dont la liste s’allonge d’année en année) et le public, venu nombreux. Cette année les organisateurs et bénévoles du salon (bravo et spécial merci à Luce Basseterre et  Dominique Lémuri en particulier) avaient poussé les murs. Il y avait même des auteurs dehors sous des barnums (hein, Yann-Cédric Agbodan-Aolio j’espère que ça a été)… Heureusement le temps fut clément !

Ravi de retrouver mes comparses, à commencer par mon éditrice Nathy, le conteur Mestr Tom Pierre Brulhet et Marielle Ranzini, comme moi édités chez Lune Ecarlate.

Le samedi fut plutôt calme pour moi en terme de ventes mais abondant en contacts et retrouvailles.

L’occasion de revoir les auteurs croisés lors des éditions précédentes,  Valérie SimonPatrice VerryEmmanuel QuentinChantal Robillard, mon vénéré Maîîîître Bruno Pochesci, (prix Masterton cette année devant « De lointains rêvages », mon recueil), Nicolas Pagès, Christophe Thill, Thomas Bauduret, Céline MaltèreDorian Lake, des éditions Noir d’absinthe, Sylvain LamurJack Machillot, des éditions Ogmios Bernard HenningerJean-Christophe GapdyJean-Pierre Favard, des éditions La clé d’argent, Frederic CzilinderCécile Ama Courtois, Yann Rambaud, connu l’an dernier à Fantasy en Beaujolais, et certains autres rencontrés au fil des réseaux zozios (Pierre EfratasArnauld PontierPatrice Quélard Olivier Saraja et j’en oublie, qu’ils me cartonnent), et de me payer quelques tranches de rire avec quelques-uns (Guillaume Beck en particulier merci pour les rigolades et l’échange de grimaces de table à table) tout en ayant la frustration de ne pas pouvoir rencontrer et échanger avec tous plus de quelques politesses timides (oui je suis timide, on dirait pas comme ça…)

Sandrine, mon hôtesse, passa me voir sur le stand en fin d’après-midi et repartit avec un exemplaire d’Infemmes et Sangsuelles et Le petit oiseau va sortir. Le salon restait ouvert aux visiteurs jusqu »à 20h30, et le restaurant bien connu des festivaliers, En attendant Louise, nous régala de sa truffade, déclinée en Box, pour nous permettre de nous sustenter sur nos stands. S’ensuivit le résultat du concours de Cosplay, ainsi que la prestation de Zed le Rouge suivie d’un feu d’artifice offert par la commune de Ménétrol. Bon, mes hôtes et moi-même nous défilâmes au début du « concert », parce que les chansons de Capitaine Flam Olive et Tom ou Albator ça allait bien quand j’avais 11 ans mais j’en ai 14… et puis qu’on s’attendait à quelque chose d’un peu plus… rock ! Le Zed mit quand même le feu devant un public de geeks ados et adulescents (ne pas juger, ne pas juger…) conquis et électriques.

Nous achevâmes la soirée chez Sandrine et Thomas, en compagnie de Pierre-Marie, ancien libraire bénévole sur le salon, hébergé lui aussi par mes hôtes, où nous dégustâmes les couleurs d’un autre feu d’artifice, en bouteilles celui-là, qui nous mena dans la bonne humeur jusqu’aux lisières du sommeil. 

Le dimanche se déroula dans la bonne humeur entre auteurs et visiteurs, et fut pour moi plus  intéressant en terme de ventes, mon ami Guillaume Beck ouvrant le bal de bon matin en achetant mon petit oiseau et mes Jeux de dopes. Un exemplaire de Nightgaunt 4, le fanzine bilingue d’Adam Joffrain, partit entre les mains de Jérémie. Pierre-Marie profita d’une de ses pauses pour venir papoter et repartit lui aussi avec un petit oiseau et mes Jeux de dopes.

J’eus droit à quelques réactions rigolotes, comme à chaque salon, celle d’une dame me disant « c’est pas ma came, les nouvelles ». Une autre personne, plus surprenante, m’affirma sans sourciller « non, l’imaginaire j’aime pas trop ». Pas mal dans un salon dédié… à l’imaginaire sous toutes ses formes ! Mais la meilleure réplique qu’on m’ait faite sur un salon va à cette dame, qui passa devant ma table, morte de rire, en me disant « J’avais lu (sur le kakemono – l’affiche – derrière moi) Infemmes et sans gluten ! » ce qui déchaîna mon hilarité !

Je profitai d’un moment de flottement pour jouer moi aussi les fureteurs et me procurai L’épave, courte nouvelle spatiale de Guillaume Beck, Céder la place, d’Emmanuel Quentin, aux éditions 1115, Scories, de Bruno Pochesci, chez le même éditeur, et Les étoiles s’en balancent, de Laurent Whale. De quoi passer quelques bons moments. Cela me permit  de sympathiser avec Frédéric Dupuy, le boss des éditions 1115 et de discuter de quelques projets à moi que j’ai.

J’entrevis mon ami Sébastien Tissandier, papa de Chupacabra, le petit vampire allergique au sang humain, fortement sollicité comme à chacun des salons auxquels il participe, et je repartis heureux avec le quatrième tome des aventures de Chupa, un hors-série dont l’action se situe en Auvergne, dédicacé pour ma fille qui en raffole.

J’eus l’agréable surprise de voir Manon, la fille de mes hôtes, m’apporter pour le goûter une part de l’excellente tarte aux pommes cuisinée par sa maman. C’est vous dire si mes hôtes étaient charmants et attentionnés envers moi !

Côté lecteurs, Patrice Quélard (dont j’avais lu l’excellent premier tome d’Oppressions, recueil balançant entre thriller et fantastique, teinté d’une ambiance à la Maupassant) se laissa tenter par mon recueil De lointains rêvages. La sympathique Charlie repartit avec Infemmes et sangsuelles, ainsi qu’Angélique. Angèle, chanceuse, fut ravie de me retrouver (l’an dernier elle s’était montrée intéressée par Le petit oiseau va sortir mais n’avait plus de sous) et repartit avec le livre. Chanceuse car il s’agissait du dernier exemplaire, Le petit oiseau étant arrivé au bout de son tirage et n’étant pas réimprimé. Jean-Pierre fut séduit par mes Jeux de dopes, j’espère que sa lecture lui aura plu. Enfin, Nadège se montra intéressée par De lointains rêvages, et repartit aussi avec Du plomb dans l’aile, pour le lire à son fils Nathan. Tout ce petit monde repartit bien sûr avec sa dédicace. Je retrouvai en fin d’après-midi, après avoir dit au revoir à tous les auteurs, mes hôtes pour une dernière soirée fort sympathique. Manon avait entre temps servi d’écuyère aux chevaliers en carton et était repartie avec une épée et un casque en remerciement de ses loyaux services.

Pour résumer, ce fut une cinquième édition des Aventuriales encore plus diabolique que les précédentes, avec encore plus d’auteurs, encore plus d’ambiance et d’animation. Et une équipe d’organisateurs au top, comme chaque fois. Sans parler des hôtes aux petits soins pour moi, que je quittai le lundi matin avec un petit pincement au cœur. Bref, vivement l’année prochaine !

Bien entendu c’est un récit rapporté par le petit bout de ma lorgnette ! Pour savoir ce qui s’est passé là où je n’étais pas (conférences, tables rondes, jeux et animations diverses) et voir des photos de la manifestation, reportez-vous au site des Aventuriales et à leurs comptes-rendus.

 

 



Presque prophète en mon pays

Dauphiné Libéré du 3 09 2019

DL 3 09 2019



Lord of the Brinks

Dans un univers parallèle. Le hobbit Frodon et ses amis se lancent dans une périlleuse aventure : Ils doivent se rendre à la Montagne du Destin dans une charrette à vapeur fabriquée par Gandalf. Leur périple durera un an.
Le récit de leurs aventures se nomme « La commune auto de l’année »..et succède à « Bilbitt le hobo » dans lequel leurs ancêtres traversent le pays pour attaquer la réserve d’or de Fort Smaug.



Cent petits oiseaux sont sortis

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Pas de stress, je joue à domicile…

Ce qui est bien, quand tu participes à un événement littéraire dans ta propre ville, c’est le no-stress.

Tu n’as pas à t’inquiéter du prix du trajet en train ou bus (qui grève à chaque fois ton maigre budget) ni de savoir si tu vas pouvoir te payer le resto et faire la fête avec tous les autres auteurs ou devoir refuser  et rester à part de la bande, de l’ambiance, des relations que tu pourrais tisser à cette occasion – et te contenter d’un sandwich par jour, ni de te soucier de l’endroit où tu vas dormir (à moindres frais, voire gratos, budget encore, à tel point qu’à chaque salon que je fais, selon la saison, je me demande si je ne vais pas emporter mon duvet et me trouver un buisson derrière la salle des fêtes où se tient l’événement susnommé ou dormir dans une bagnole plutôt que de louer une chambre d’hôtel, même à plusieurs…), ni de savoir si tu vas au final vendre quelques malheureux livres (écrits avec ta sueur, tes larmes, ton sang… mais furieusement inutiles en l’état), ce qui rembourserait les frais de transport, bouffe et logement inhérents au voyage. Sans parler de l’inscription payante auxdits salons. La plupart du temps tu en es pour ton argent, quelquefois tu arrives à mettre la balance à l’équilibre. Souvent même, faute d’acheteurs, repars-tu bredouille, avec pour seule satisfaction celle d’avoir rencontré des gens, auteurs, noué des amitiés, étoffé ton réseau. Des fois même ce sont les auteurs présents au salon avec toi qui t’ont acheté les seuls livres que tu as vendu au cours de la manifestation. Alors quand tu rentres et que tu poses 20 ou 30 balles sur la table pour faire bouffer tes gosses tu es, sinon content, du moins à moral zéro. C’est d’ordinaire mon quotidien, ma réalité. Comme on dit « c’est le jeu ma pauvre Lucette ». « Jeu » qui décourage plus d’un écrivant.

Dans ta propre ville c’est en tout cela différent. Un quart d’heure à pieds de chez toi, un sandwich à midi et dodo à la maison le soir. No frais (ai-je déjà dit que, chômeur, je n’avais pas le sou ?), no stress et no fatigue.

Samedi il s’agissait d’une bourse aux livres organisée par les commerçants du quartier Bouffier, dans les rues piétonnes de Valence. Certain(e)s ami(e)s m’ont glissé qu’ils espéraient que ça marcherait, une bourse aux livres n’étant pas – j’en étais conscient en m’y inscrivant – le lieu le plus propice pour vendre des livres neufs, l’auteur desdits livres y fût-il présent.

C’est malgré cela sans pression que je m’y suis rendu, à cette bourse, ma première apparition en tant qu’auteur dans ma propre ville (nul n’est prophète en son pays, qu’il disait…). Dès mon arrivée je notai les quelques tables déjà garnies de bacs de livres d’occase (certainement tirés des greniers des commerçants de la rue – ce n’est pas une critique, au contraire, c’est le but d’une bourse, brocante de livres.)

J’eus aussitôt le plaisir et la surprise de retrouver Annie Breysse, poétesse tournonnaise avec qui j’avais participé au salon du livre de Saint-Martin-d’Hères (38) il y a quelques mois. Dès lors je savais que la journée serait placée sous le signe de la bonne humeur ! Nous fûmes vite placés, étant les deux seuls auteurs de la manifestation, avec un photographe qui vendait ses livres de photos de la région, par les organisateurs de la bourse.

J’avais emmené un peu de lecture, comme à chaque salon, pour meubler le temps en attendant le chaland. Ce coup-ci, j’avais emmené Série Noire, recueil de nouvelles d’Emmanuelle Cart-Tanneur, auteure lyonnaise et amie dont les écrits me suivent à peu près partout, étant pour moi source de moral et de quiétude. Je n’en pus lire que deux textes car je n’eus pas le temps de m’ennuyer. Bon, il faut dire qu’avec Annie, on a pas mal discuté et rigolé…

Vers la fin de la matinée un jeune homme, Tim, fondit littéralement sur mon stand, très intéressé par ce qu’il y découvrait. Sans hésitation, il opta pour mon dernier recueil, De lointains rêvages, et repartit visiblement enchanté avec son livre dédicacé. Une dame me prit un exemplaire de Du plomb dans l’aile ainsi qu’un Jeux de dopes, que je dédicaçai respectivement pour Bérénice et Antoine.

Je passerai vite sur la sono (un  peu forte) et sur les machines rigolotes, qui soufflaient dans la rue des myriades de bulles, pour la joie des enfants. Entre deux rigolades avec ma voisine, je m’aperçus que le magasin en face duquel était située ma table était en fait… un studio d’enregistrement. Du coup je sautai sur l’occasion et sur la dame aperçue dans la boutique, ouverte pour seulement une heure ou deux ce jour-là (pas la dame, la boutique, suivez un peu…). Elle m’expliqua gentiment que les activités du studio étaient en pause en attendant du nouveau matos et reprendraient vers la fin octobre, et eut l’amabilité de me donner ses coordonnées en me proposant de la recontacter à cette période. Le hasard fait qu’il n’y a pas de hasard… c’est que j’ai aussi un alboume de chansons à enregistrer, moi…

Vers la fin de l’après-midi, Annie et moi-même crurent être devenus des stars ! en moins de cinq minutes vinrent nous voir une journaliste de Radio méga (99.2) la radio locale, ainsi qu’Olivier, un photographe du Dauphiné Libéré (journal local qui m’avait consacré trois articles en 2014-2015, et plus rien depuis, malgré la sortie de mes deux recueils en 2016 et 2018 et mes nombreuses sollicitations) pour nous interviewer et nous tirer le portrait, vu que nous étions les seuls auteurs de la rue sur une douzaine de tables.

Je passe les détails de l’interview, que vous retrouverez sans doute sur Radio Méga, amputée je l’espère par la sympathique reporteresse de mes bafouillages et des énormités que j’ai pu proférer au micro (il ne devrait donc pas en rester grand chose ;) ). Je rajouterai le lien à cet article.

Je vais guetter tout cela, ainsi que la parution dans les prochains jours de l’exemplaire du journal dans lequel figureront les photos de l’événement. Je vous invite à faire de même, et le cas échéant, à découper l’article (ça c’est pour mes amis valentinois et bourcains) et à me le garder, si je ne parviens pas à me le procurer pour mes archives. Je vous en remercie d’avance.

Discutant plus longuement avec le photographe du Daubé, prénommé Olivier, je lui narrai mes non-liens avec le journal et il me proposa de nous rencontrer ultérieurement pour écrire un article sur mes derniers bouquins, ce que j’acceptai avec gratitude en lui glissant mes coordonnées. Il montra un réel intérêt pour mes livres, et acheta même un exemplaire de Du plomb dans l’aile, ma fable aviaire. Qu’il soit à nouveau remercié pour tout cela.

Je n’ai pas parlé des badauds sympathiques, ni de la fillette (âgée de 6 ou 7 ans) qui s’arrêta devant ma table en pointant du doigt, les yeux grands ouverts, la petite statue de Cthulhu qui m’accompagne sur mes salons, et se mit à feuilleter avec envie un exemplaire de Nightgaunt pour y trouver des dessins du même acabit, en s’extasiant sur les quelques dessins de monstres qu’elle y trouva. Une future lectrice qui a déjà son idée sur ce qu’elle veut lire !

Une journée fort sympathique donc et pleine de promesses, qui s’acheva dans la bonne humeur. Des organisateurs dynamiques et à l’écoute (qui referont appel à nous pour la bourse aux livres de l’an prochain, et sans doute même entre temps pour le marché des artistes et artisans), des badauds intéressés et ma voisine avec qui j’ai bien rigolé ! Bref, une journée utile et agréable partagée avec Annie Breysse, la seule, l’unique et impayable (il en existe dans la région quelques – mauvaises – contrefaçons, m’a-t-on dit ;) ).

Maintenant il ne me reste plus qu’à stresser en pensant au salon des Aventuriales de Ménétrol, les 28 et 29 septembre, ma prochaine « aventure ». Trouver comment m’y rendre, où dormir, où manger (et avec quel argent, voir paragraphe 1), et surtout comment racheter des livres (ah oui parce que mon stock d’exemplaires d’Infemmes et sangsuelles, du Petit oiseau va sortir et de Jeux de dopes étant presque à sec, il va aussi falloir que je trouve des sous pour en acheter quelques exemplaires à mes éditeurs d’ici là, sans trop gréver le budget de la maison). C’est que ça bouffe, trois ados !

Parce que, inquiétude supplémentaire que je n’ai pas mentionnée dans le premier paragraphe pour ne pas vous faire pleurer tout de suite, si je n’ai pas de livres, je ne peux pas faire de salons… et la boucle est loin d’être bouclée.

A LA PROCHAINE ! D’ici là, bonnes lectures…



La femme est

« La femme est l’avenir de l’homme disait Aragon, elle en est parfois sa fin dit F. Gaillard.

Tour à tour, dangereuses, charmeuses, manipulatrices, désenchantées ou blessées, les femmes que vous rencontrerez dans ces pages ne vous laisseront pas indifférent. Frédéric gaillard nous offre ici un recueil, certes teinté de fantastique, mais qui rend au travers de ses lignes, un hommage bien réel à la puissance féminine. Un ensemble de nouvelles de grande qualité qui se déguste avec bonheur (parsemé de quelques frissons) et montre encore une fois la qualité d’un auteur pas assez reconnu…

À dévorer! »

Youpi ! Mama Zone vient d’afficher un quatrième commentaire pour mon recueil « Infemmes et sangsuelles » depuis sa sortie en 2016 !
au classement ça le met à la 1.079.917e place dans la catégorie Livres, n°7435 dans Fantastique et Terreur, n°99900 dans Personnages scientifiques (???) et n°17341 dans Science-Fiction (!!!)…
c’est vous dire si pour moi, ça marche du feu de Satan ! 
Bon en même temps ils le proposent neuf à son prix de vente réel (17 Brouzoufs), mais avec seulement 33 euros de fdp (oui ça veut aussi dire frais de port pour nous les yeuvs) – ce qui le fait à 50 balles – ainsi que d’occase « à partir de » 31 Brouzoufs 84 (sur lesquels, petit rappel, moi, l’auteur, je toucherai environ un brouzouf vingt ou trente par livre vendu). 
Donc je ne m’étonne pas de pas en vendre des masses. Ni même des marteaux.
Merci quand même à Pierre Celka, qui intègre le cercle très fermé de ceux qui ont lu tous mes livres, pour cette critique enthousiaste de mon livre (et celles de mes autres bouquins notamment sur Babelio).
Et pensez aussi à lire Pierre Celka et son excellent (et inquiétant) Talion, paru chez RroyzZ Editions - oui parce qu’il ne fait pas que lire mes livres et les chroniquer, il écrit aussi des trucs flippants comme j’aime !



Deux en un

J’ai grandi
dans une chambre
aux lits jumeaux
à me demander
où était l’autre



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